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  • Le président Samir Sobha n’a toujours pas été en mesure de donner un nouveau souffle au sport roi, alors qu’il entame un deuxième mandat
  • N’est-il pas grand temps de solliciter une expertise étrangère de calibre pour revoir tout le système après autant d’échecs ?

Akbar Patel n’est plus le sélectionneur du Club M. Il a décidé de prendre ses distances de la sélection nationale et l’a annoncé au Mauricien jeudi dernier. Cela, suite à une rencontre avec le président de la Mauritius Football Association (MFA), Samir Sobha, dit-il. Est-ce cependant vraiment une surprise, étant donné que la situation actuelle résume parfaitement la faillite même de notre football et de la MFA en particulier ? Ce comité n’a guère convaincu et devrait désormais rendre un fier service au football en prenant aussi la porte de sortie.

Ainsi, c’est un Akbar Patel aigri à l’encontre d’une «certaine presse », qui s’est confié à notre confrère Le Mauricien. Comme dans toute situation, la presse a bon dos, mais il ne faut tout de même pas oublier que la réussite se mesure par les résultats sur le terrain. En acceptant de prendre en main le Club M pour les Jeux des Iles et après, il se devait aussi d’accepter les critiques et tout ce qui va avec. Et pas seulement les louanges!

Il faut tout de même revenir sur les conditions entourant le retour d’Akbar Patel à la tête du Club M. Rappelé en catastrophe à neuf mois des 10 Jeux des Iles de l’Océan Indien, il avait exprimé le souhait de prendre du recul, après la médaille d’argent obtenue en finale contre La Réunion. Par la suite, il a accepté de rester et de diriger le Club M lors des préliminaires du Mondial 2022 et de la Coupe d’Afrique des Nations 2021. Résultats : deux défaites face au Mozambique et surtout, deux défaites face à Sao Tomé-et-Principe, pays mal loti au classement de la fédération internationale et surtout considéré comme étant l’un des plus pauvres d’Afrique. Fallait-il le couvrir de louanges ?

L’on se demande également, ce qui a poussé Akbar Patel à revenir sur sa décision et à accepter de reprendre en main le Club M. Le choix du sélectionneur avait-il, une fois encore, était imposé à la MFA par le gouvernement ? Question d’autant plus crédible, quand on sait que cette même MFA, avec ce même président, Samir Sobha, avait « viré » le sélectionneur Akbar Patel et son adjoint, feu Désiré L’Enclume, en plein JIOI à la Réunion en 2015. À l’époque, Week-End avait vivement défendu le sélectionneur. Tant pis si certains ont la mémoire courte !
Association contre-nature

La question qui se pose aussi, c’est comment une fédération qui se dit autonome peut-elle ensuite se plier à une décision gouvernementale ? Akbar Patel parti, l’histoire a donc prouvé que cette association était contre-nature. Ce qui est certain, c’est que Samir Sobha et ses membres n’ont jamais été à la hauteur de la situation. Ils n’ont surtout pas été en mesure de prendre des décisions fortes dans l’intérêt d’une discipline qui faisait jadis la fierté du peuple mauricien. Pas de solutions proposées et encore moins un semblant de vouloir avancer. Que fait-on donc à la Football House à Trianon ? De quoi discute-t-on au juste ?

Alors que Samir Sobha entame, depuis l’année dernière, un deuxième mandat, son bilan est des plus catastrophiques, notamment pour ce qui est des décisions concernant le Club M. À commencer par la nomination d’un sélectionneur étranger, le Brésilien Francisco Filho, qui a entraîné le Club M avec une « télécommande » n’étant pratiquement pas présent au pays en une année qu’a duré son passage à la tête du Club M. Il y a eu ensuite ce «choix imposé » par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour que ce soit Akbar Patel qui le remplace.

Ce qui est sûr aussi, c’est que le football souffre cruellement d’imagination sous l’actuel comité de la MFA. N’est-il donc pas temps de recruter un expert étranger de calibre, capable de mettre en place tout une structure fiable ? N’est-il pas temps de tout revoir quitte à prendre encore quelques années, mais pour revenir ensuite sur des bases plus solides ? Pour ce faire, il faudra beaucoup de bonne volonté, chose que nous n’avons malheureusement pas vue jusqu’ici !

Quant à la presse – du moins à Week-End puisque nous sommes visés – notre rôle est d’informer et non de trouver des solutions. C’est aux techniciens de carrière, qui plus est, sont payés pour cela, ainsi que la fédération qui en a la responsabilité, de le faire. Nous ne pouvons pas non plus, jouer la complaisance quand les résultats sont médiocres et que le style de jeu ne convainc pas. Quitte à déplaire à certains.

À ce niveau, nos dirigeants et sélectionneurs gagneraient à prendre exemple sur les professionnels étrangers, dont un certain Jurgen Klopp qui n’hésite jamais à répondre aux questions des journalistes, même les plus embarrassantes.