Alefa ! Alefa ! Cet encouragement bien à la malgache résonnera dans les sites de compétitions des 12 disciplines programmées aux Seychelles, durant deux bonnes semaines. Toutefois, cela suffira-t-il pour faire trembler les athlètes des autres îles qui eux aussi ont une réputation à prouver et à défendre ?
Dans l’histoire des Jeux des îles de l’océan Indien, Madagascar a terminé premier à deux reprises et exclusivement en évoluant à domicile, en 1990 et en 2007 à Antananarivo. Pire, Madagascar a terminé à une décevante quatrième place à Maurice en 2003 et le monde sportif est assez pessimiste pour ce qui est de prétendre à la première place cette fois-ci.
La question de motivation des athlètes par l’obtention de primes pour les médaillés n’est pas encore abordée par l’État. Toutefois, dans certaines disciplines, la prime a déjà été annoncée. Par exemple, en boxe, sa Fédération offrira 600 000 ariary (Rs 10 000) à tout médaillé d’or, et en cas de première place en nombre de médailles d’or en boxe, elle donnera 10 millions d’ariary à toute l’équipe.
En 2007, ceux qui ont gagné une médaille d’or ont reçu chacun 1,5 million d’ariary (Rs 25 000), contre un million d’ariary (Rs 20 000) pour une médaille d’argent. En prime, la promesse présidentielle, celle d’envoyer à Beijing les médaillés d’or pour vivre l’ambiance des Jeux olympiques, a été respectée. Jusqu’ici, une promesse présidentielle de la même envergure pour aller voyager à Londres en 2012 n’a pas été annoncée.
« Pour moi, l’essentiel c’est de gagner deux médailles d’or aux Jeux des îles, même si ce n’est que depuis un mois que je me suis réellement préparé. La question de motivation des athlètes aura certainement son importance. De notre côté, on fera tout pour s’imposer aux Seychelles et on n’attendra pas ladite motivation pour faire notre boulot. À l’État de voir après ce qu’il peut faire », explique Charles Andriantsiry, le fer de lance de l’haltérophilie malgache.
Le maximum
Privés du karaté, du tennis, du taekwondo, de la lutte et la pétanque où ils étaient premiers, les Malgaches sont handicapés d’entrée. En 2007, ils avaient gagné 37 médailles d’or sur les 60 en jeu dans ces disciplines.
La discipline pourvoyeuse de médailles pour Madagascar reste, entre autres, l’athlétisme, qui vise 27 médailles d’or sur les 52 en jeu. L’haltérophilie reste en seconde position pour ce qui est de la moisson d’un maximum de médailles. Charles Andriantsiry et les siens devront quand même ramener plus de 15 médailles d’or et dépasser les Seychellois qui en ont obtenu 19 en 2007 et qui évolueront à domicile.
La boxe, qui a gagné six médailles d’or en 2007, pourrait mieux faire, mais il y aura une résistance mauricienne dans l’air avec la présence de Bruno Julie, médaillé de bronze lors des derniers Jeux olympiques de Beijing en 2008 chez les moins de 56 kg, ou encore de Richarno Colin, médaillé de bronze lors des derniers Jeux du Commonwealth dans la catégorie des moins de 64 kg.
Pour essayer de compenser ce vide, Madagascar devra aussi compter sur le judo, qui a fait bonne impression en 2007 en raflant sept médailles d’or sur seize. Mais le plus grand handicap des Malgaches, qui compterait beaucoup au classement général du nombre des médailles, sera la natation où l’on craint le naufrage.
L’éventualité de convaincre Mylène Léonard, nageuse évoluant dans le championnat de France et dans les compétitions européennes, n’a jamais été envisagée par les dirigeants de la natation malgache, qui, ces derniers temps, ne font que se chamailler par l’intermédiaire des médias. Cette nageuse, fille de Lily Andriantasy, aurait pu ramener deux ou trois médailles d’or et poursuivre l’effort entrepris en 2007 en obtenant deux médailles d’or.