La Compagnie mauricienne de textile (CMT), employant actuellement quelque 10 000 personnes, dont 50 % sont des Mauriciens, envisage de délocaliser deux grosses unités vers Madagascar et le Bangladesh. L’incertitude et la lourdeur administrative figurent parmi les deux principales raisons qui auraient poussé François Woo à centrer davantage sa production vers l’étranger.
« Alors que nous avons commencé une nouvelle saison de production, nous nous voyons dans l’obligation de refuser des commandes à Maurice de peur que nous ne disposions pas des capacités adéquates pour honorer nos commandes », observe François Woo, codirecteur de la Compagnie mauricienne de textile. Il poursuit : « Un des éléments de base pour la manufacture des produits textiles est la matière première. Pour les produire, il nous faut de nouvelles machines. Or, nous ne sommes pas sûrs d’obtenir le financement nécessaire auprès des banques en raison de blocages administratifs. »
François Woo affirme qu’il n’est pas certain de disposer des employés “highly skilled” pour la production des produits de haute qualité et sophistiqués commandés par ses clients. « Nous recrutons des employés qualifiés de l’étranger et nous consacrons un an à un an et demi pour les former. Or, le gouvernement nous demande de renvoyer ces employés après trois ans et crée toutes sortes de difficultés pour le renouvellement de leurs contrats. Nous ne pouvons pas continuellement investir dans la formation des travailleurs étrangers pour qu’ils travaillent ensuite pour d’autres concurrents à l’étranger. Nous ne sommes pas un “training centre” », souligne François Woo. Il affirme qu’un travailleur étranger peut permettre le maintien des emplois de plusieurs employés mauriciens. M. Woo souligne qu’une série de dossiers concernant le renouvellement de contrat ont été soumis aux autorités gouvernementales depuis plusieurs semaines et qui n’ont pas encore été approuvés. « À Madagascar les dossiers prenaient, il y a quelques années de cela, six à dix mois pour être approuvés, ce n’est plus le cas aujourd’hui ».
De plus, François Woo cite une demande de réactivation d’une entreprise de textile appartenant à la CMT à Madagascar. « J’ai soumis ma demande le 1er février et le 7 février on m’a informé que ma demande a été approuvée », affirme-t-il. Comme la CMT doit au départ informer ses clients de l’endroit où les commandes seront livrées, ces derniers ont déjà été mis au courant que certaines commandes seront livrées dans des entreprises situées en dehors de Maurice, fait comprendre François Woo.