Le compte à rebours a été enclenché au sein de la Corporation Nationale de Transport (CNT) au sujet de l’éventualité d’une grève suite au renversement de la décision du conseil des ministres, vendredi, au sujet de la ré-allocation de la desserte de cinq lignes. La décision des employés de la CNT devra tomber tard dans la nuit lors de l’assemblée générale spéciale convoquée sous l’égide de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) ce soir. Une première indication de la position susceptible d’être adoptée à cette assemblée syndicale pourrait être obtenue en marge de l’ouverture des négociations sur une révision salariale à la CNT sous la présidence du ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, à partir de 14 heures. Toujours sur le plan syndical, l’UBIW a déclaré formellement litige sur les salaires à la United Bus Service, à la Triolet Bus Service Limited et à la Mauritius Bus Transport Co Ltd. Les procédures relatives ont été enclenchées par le syndicat du transport en commun à la mi-journée.
En marge de l’assemblée spéciale des employés de la CNT en vue de préserver les lignes desservies, le management de la Corporation n’est pas resté les bras croisés durant le week-end. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que des représentants de la direction, dont le General Manager, Robin Soonarane, ont rencontré les employés à diverses reprises. D’autres sources avancent que le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, a été vu au dépôt de la CNT de Rivière-du-Rempart pour des consultations avec les employés. L’objectif de cette initiative est de dissuader les employés de la CNT de s’engager dans toute nouvelle action de grève.
Les principaux arguments utilisés lors de cette campagne sont que la décision du gouvernement d’autoriser la présence d’autres opérateurs de bus sur les cinq lignes concernées n’est que temporaire, que la CNT sera dotée d’ici la fin de l’année de 65 nouveaux autobus pour la reprise de l’exclusivité de ces lignes et qu’il n’y a aucune crainte de licenciement à entretenir. Le VPM s’est appesanti sur le fait que la décision du conseil des ministres se justifie « au nom de la sécurité des usagers de la route et plus particulièrement des passagers de la CNT ».
Dans les rangs de l’UBIW, l’on préfère éviter de s’engager dans toute spéculation quant à la décision qui sera arrêtée par l’assemblée des employés. « Le mood est à la colère parmi les employés de la CNT, qui prendront la position la plus appropriée dans la conjoncture en vue de préserver les lignes desservies. La colère est encore plus grande surtout après la volte-face du gouvernement de vendredi dernier », a déclaré au Mauricien Ashok Subron, négociateur de l’UBIW.