La Union of Bus Industry Workers (UBIW) s’oppose à la restructuration de la Corporation Nationale de Transport (CNT) et se penche plutôt en faveur d’une réorganisation du corps para-étatique. Lors d’une conférence de presse dans la matinée, le syndicat a fait part de ses propositions afin de revoir l’organisation de la corporation et de ses inquiétudes au sujet de sa gestion.
« Bizin met lord dan CNT depi so lao ziska so anba », estime Wahkil Lalloo, négociateur à la UBIW. « Un plan de restructuration est censé améliorer les choses pour le meilleur et non pas les empirer », ajoute-il, en évoquant l’éventuel dégraissage de la main-d’oeuvre dans le cadre de la restructuration de la CNT. « La perte d’emploi dans le cadre d’une restructuration est inacceptable », affirme ce dernier, lançant du coup un appel au ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, Shakeel Mohamed, pour « surveiller le dossier ». La UBIW dit s’opposer farouchement à la restructuration de la CNT, qu’elle estime n’est pas la « baguette magique » qui arrangera la situation au sein de la corporation. Elle propose surtout une réorganisation. D’abord, la CNT, affirme Wahkil Lalloo, devrait revoir certaines lignes car il y aurait un manque à gagner de Rs 500 000 à Rs 600 000 par jour sur certaines dessertes en raison du transport illégal et des lignes allouées par la National Transport Authority (NTA) à des opérateurs du privé. Il suffit, selon le négociateur de la UBIW, d’avoir « des personnes de bonne volonté » à la tête de la Corporation.
Évoquant les relations entre l’ancien chairman Ashwin Dookun et le directeur général Robin Soonarane, Wahkil Lalloo avance que ces derniers étaient à couteaux tirés avant de critiquer les compétences du directeur général. « Ce dernier n’a pas le calibre pour être à la tête de la CNT. Déjà, quand il était à la tête de la Wastewater Management Authority, il a eu du mal à faire ses preuves », allègue-t-il.
La CNT devrait par ailleurs revoir certaines dépenses, selon l’intervenant. Car celle-ci emploierait un chauffeur pour le transport du directeur alors que ce dernier percevrait une car allowance, ayant refusé la voiture de fonction avec chauffeur. Il s’agit-là, aux yeux du syndicat, d’une « double dépense ».
La décision de faire réparer les autobus par des opérateurs privés, inquiète aussi le syndicat qui dit craindre des conflits d’intérêt ou autres magouilles. D’autant qu’en décidant de faire réparer ses véhicules ailleurs, la CNT perdrait davantage d’argent car les réparations y coûteraient plus chères, indique Wahkil Lalloo. La Corporation devrait songer à transformer un de ses dépôts en atelier avec des équipements et outils nécessaires, propose-t-il.
Concernant l’achat de nouveaux autobus, Wahkil Lalloo s’interroge sur le « rôle » du Central Procurement Board (CPB) et se dit contre le fait que ce soit le même fournisseur d’autobus qui effectue les réparations et la maintenance. « Un fournisseur n’indiquera jamais quels sont les défauts de ses autobus dans son rapport après les réparations. Il sera tenté d’effectuer des cover-up de manière automatique… On risque de se retrouver avec le même problème que les autobus de 2007 », craint Wahkil Lalloo, qui brandit la menace de se rendre à l’ICAC, à la MRA ou même à la police afin que des enquêtes soient initiées. Il devait ensuite lancer un appel aux ministres des Finances, Xavier-Luc Duval pour « veiller à ce que les gros requins et les agents politiques n’accaparent pas la CNT » et à Anil Bachoo pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de conflits d’intérêt à la CNT. Le syndicat se dit prêt « à donner un coup de main au ministre pour la réorganisation de la CNT ».