Les ministres Anil Bachoo et Shakeel Mohamed, animant une conférence de presse conjointe dans le bureau du ministre des Infrastructures publiques hier en début de soirée, ont formellement fait comprendre que la sécurité et la vie des usagers ne sont pas négociables et que par conséquent, le gouvernement a décidé, hier lors du conseil des ministres, de maintenir l’allocation des lignes desservies par la Corporation Nationale de Transport (CNT) à d’autres opérateurs du privé. Comme pour faire comprendre en substance que le gouvernement ne compte pas reculer avec la décision d’allocation des dessertes et qu’il ne cédera pas devant quelconque pression. Pour rappel, ces lignes concernées sont les : 6 (Curepipe–Chemin-Grenier), 27 (Port-Louis–Rivière-du-Rempart), 52 (Médine–Port-Louis), 122 (Camp-Levieux–Curepipe) et 197 (Rivière-des-Galets–Port-Louis).
Anil Bachoo rappelle le contexte dans lequel le gouvernement a décidé de faire appel à des opérateurs privés pour compenser le retrait d’une trentaine d’autobus de la CNT sur les routes et pour ne pas pénaliser la population, en continuant d’assurer le service de transports en commun. Un total de 35 autobus ont ainsi été mobilisés pour « soutenir » la CNT. « Le gouvernement n’a pas voulu prendre de risques et mettre en danger la vie des passagers et des employés sur les routes », affirme Anil Bachoo. Le recours à ces compagnies privées, vient souligner une fois de plus le ministre des Infrastructures publiques, est une mesure temporaire, en attendant l’achat de nouveaux autobus. La priorité, martèle-t-il, est d’assurer la sécurité afin de ne pas mettre en péril des vies humaines. Des procédures, ajoute-t-il, sont en cours pour l’achat de 65 nouveaux véhicules et des négociations ont été enclenchées avec le gouvernement japonais pour l’achat de 100 bus modernes pour les écoliers. Et de faire appel à la coopération des employés du transport.
Le ministre du Travail et des Relations industrielles n’a pas manqué de souligner, de son côté, le caractère « illégal » de la grève des employés de la CNT, qui s’étaient rassemblés devant le dépôt de Bonne-Terre mercredi dernier. Pour que cette grève soit légale, il aurait fallu que les employés de la compagnie de transports aient déclaré litige à leur employeur au sujet d’une affaire ayant trait aux relations industrielles. Or, fait-il comprendre, le litige concernant la ré-allocation des routes ne relève pas des relations industrielles. « Cela n’a rien à voir avec les relations industrielles, de loin ou de près ! » affirme Shakeel Mohamed. Dans le cas des employés de la CNT, poursuit ce dernier, l’affaire n’a encore moins été rapportée à la Commission for Conciliation & Mediation (CCM), aucun appel effectué auprès de l’Employment Relations Tribunal (ERT) et aucune notice donnée au sujet de la grève. Selon les lois en vigueur, c’est seulement après avoir suivi les différentes étapes préconisées dans la loi au sujet des labour disputes, qu’un strike ballot peut être organisé afin de décider d’une grève. « Il est irresponsable de déclarer une grève sans passer par les procédures établies par la loi… Il n’y a aucune récompense dans une grève illégale, une chose que nous condamnons », affirme le ministre du Travail. Une des conditions décidées lors de la réunion entre les syndicats de la CNT et les ministres Bachoo et Mohamed eux-mêmes mardi, est la sécurité. « Nous n’allons pas prendre le risque qu’un accident se produise et que quelqu’un perde la vie dans un accident qui pourrait être évité », dit-il. Un audit est en cours pour vérifier l’état des autobus de la CNT, ajoute ce dernier.
À l’heure des questions, Le Mauricien a voulu connaître la réaction du gouvernement au cas d’une deuxième grève des employés de la CNT. Ce à quoi Shakeem Mohamed a répondu que le gouvernement était « prêt à toute éventualité » et que « des solutions alternatives existent pour compenser toute situation d’urgence ». Il a aussi lancé un appel aux employés pour qu’ils ne se laissent pas « entraîner dans une situation illégale ».