Après un bras de fer engagé depuis ces dernières semaines dans le secteur du transport en commun pour une hausse salariale, la journée de demain sera plus que jamais cruciale pour le sort des employés de la Corporation Nationale de Transport (CNT). Toutefois, ils sont suspendus au VPM et ministre des Finances Xavier-Luc Duval qui étudie la contre-proposition syndicale, soit une augmentation de l’ordre de 30% payable en trois tranches.
Dans un premier temps, mercredi, au cours du round de négociation présidé par le ministère du Travail, le gouvernement avait avancé un offre de l’ordre de 8% aux syndicalistes en guise d’augmentation. Mais cette proposition devait être rejetée dès le départ par les représentants des employés. La CNT par le biais du représentant du ministre Bachoo, soit le PS du ministère du Transport, devait revenir à la charge avec une proposition de 15% d’augmentation et étalée sur trois années. La formule suggérée était que la hausse soit payable comme suit: 11% pour la première année et 2% pour les 2e et 3e années. Avec une proposition initiale de 45%, les syndicalistes devaient, une fois de plus, refuser l’offre du GM.
Toutefois, les différents syndicats engagés dans ces négociations ont revu leur revendication de base de 45% à la baisse pour finalement soumettre une contre-proposition de 30%. “C’est principalement dans un esprit de consensus que nous sommes tombés d’accord pour ramener ce chiffre sur 30%. Cette contre-proposition est des plus raisonnables. Nous nous basons principalement sur la dévalorisation des travailleurs de la CNT depuis 1994. Si nous mettons les choses dans leur contexte, l’augmentation aurait dû être de 60%”, fait comprendre Ashok Subron, syndicaliste de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW).
Après les négociations de mercredi, le ministre du Travail Shakeel Mohamed a fait comprendre que c’est après consultations avec le VPM et ministre des Finances Xavier-Luc Duval que le gouvernement communiquera, lundi, sa décision quant à la contre-proposition des syndicalistes. Dans le camp syndical, on fait clairement comprendre que, désormais, “tout est entre les mains de Xavier-Luc Duval.” “Nous croisons les doigts pour qu’il y ait un dénouement positif en ce début de semaine. Cependant, il est clair que dans la conjoncture, il ne s’agit pas d’une augmentation mais plutôt d’une compensation pour les employés de la CNT. Donc, ces 30% avec 15% pour la première année et 7,5% pour les 2e et 3e années sont largement justifiés”, explique Jane Ragoo de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP).
Ainsi, une consultation décisive est à l’agenda demain après-midi où le gouvernement fera connaître aux syndicalistes sa décision quant à la contre-proposition de 30%. Les retombées de cette rencontre auront de facto des répercussions sur l’assemblée générale des travailleurs de la CNT fixée à 20h, demain soir, au Tamil Hall de Vacoas.
D’autre part, l’UBIW lance, une fois de plus, une sévère mise en garde contre toute tentative de privatisation de la CNT. L’avertissement de ce corps syndical fait suite aux déclarations de Shakeel Mohamed à la presse dans lesquelles le ministre du Travail a fait comprendre que le gouvernement ne peut se permettre “une augmentation salariale qui influencera sur le prix du ticket d’autobus. Les consommateurs ne peuvent en sortir perdants. De plus, nous devons également songer aux conséquences de cette augmentation sur la préservation de l’emploi des travailleurs.”
“Nous déplorons les propos de Shakeel Mohamed qui joue la carte du chantage en invoquant la possibilité d’une augmentation du prix du ticket d’autobus”, rétorque Ashok Subron.