Les syndicats de la Corporation Nationale de Transport (CNT) ont effectué un walk-out lors d’une réunion hier au ministère du Travail après avoir découvert la présence d’un voice recorder placé par le responsable des Ressources Humaines de la CNT sur la table. Faisant part de leur mécontentement, les syndicats ont par la suite quitté la salle de réunion et celle-ci a été ajournée au 17 mars prochain.
Les associations syndicales de la CNT, la Transport Industry Workers Union (TIWU), la United Bus Industries Workers (UBIW), la Transport Corporation Employees Union (TCEU), la National Transport Employees Union (NTCEU) et la Bus Industries & Traffic Officers Union (BITOU), avaient sollicité l’aide du ministère du Travail sur plusieurs points de litige avec la direction concernant le non-respect des recommandations du secteur du transport telles que les vacations leave, le paiement en avance de la lump sum aussitôt l’âge de 60 ans atteint ou le remboursement en totalité des frais de lunettes. Cela afin que les officiers du ministère donnent leur avis, après la remise en question par le département des Ressources Humaines d’une série de points ayant trait aux relations industrielles, ainsi qu’aux droits et acquis des employés de la CNT.
Après une première réunion fin 2015, une nouvelle rencontre tripartite avait été fixée hier à 13 h 30 au septième étage de la Victoria House qui abrite le ministère du Travail. Le responsable des Ressources Humaines de la corporation est arrivé quelques minutes après le début de la réunion. Selon un membre du panel de syndicats présents à la table hier, l’un des leurs aurait remarqué la présence d’un voice recorder sur la table. Les syndicalistes se sont immédiatement mis à protester contre l’utilisation de cet appareil, d’autant que les personnes présentes ignoraient sa présence. L’officier du ministère présidant la rencontre n’a pas non plus accordé son autorisation pour l’enregistrement, selon notre interlocuteur. « Lorsqu’on vient voir la direction, on nous demande de laisser derrière nous nos téléphones portables », ironise Kreshnadutt Gobin, représentant du panel de la TCEU.
Très remontés, les syndicalistes ont quitté la salle de réunion vers 15 h 15. Pour Hamrag Roy, porte-parole du panel de syndicats de la CNT, la présence de cet appareil relève d’un non-respect des droits constitutionnels de ceux présents hier, d’autant plus qu’aucune autorisation d’enregistrer les négociations n’a été accordée au responsable des Ressources Humaines. « Il a clairement franchi les limites », s’insurge notre interlocuteur.
Les représentants des syndicats de la CNT parlent par ailleurs de « relations tendues » entre le General Manager et le HR Manager. « Nous ne voulons plus opérer dans ce genre de conditions. Nous souhaitons que la corporation progresse, que la flotte s’agrandisse et que les travailleurs évoluent dans un environnement sain, avec un climat de bonnes relations industrielles », affirme Hamrag Roy.
Peu de temps après le walk-out des syndicalistes, l’officier du ministère du Travail présidant la réunion est sorti pour informer les membres du panel présents dans le bâtiment qu’il a demandé au HR Manager de la CNT d’effacer l’enregistrement en question. La rencontre a pour le coup été ajournée pour le 17 du mois courant à 13 h 30.
Après cet incident d’hier, les syndicalistes déclarent qu’ils laissent désormais au ministère du Transport le soin de « décider du sort du HR Manager de la CNT ». « Nous déplorons la façon de faire de ce monsieur. Nous attendons une décision du ministère, faute de quoi nous allons devoir convoquer une assemblée des travailleurs pour décider de la marche à suivre », prévient Hamrag Roy.