Animant une rencontre avec la presse ce midi au Centre social Marie Reine de la Paix, la Platform Travayer Transport CNT et l’UBIW ont dénoncé une « détérioration » des relations industrielles à la CNT, allant même jusqu’à menacer la direction d’un arrêt de travail pour manque d’équipement de protection en contravention à l’article 12 (3) de la Occupational Safety & Health Act 2005.
« Depi l’arive nouvel direksyon dan CNT en novam 2015, relasyon indistriel finn degrade », soutient Wakhil Lalloo, membre de la Platform Travayer Transport CNT et négociateur de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), syndicat affilié à la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP). Il était entouré, entre autres, de Dyanand Beeharry, Kishore Bholah, Armoorgum Ramasawmy et Reeaz Chuttoo, négociateur de la plateforme.
Wakhil Lalloo a attribué cette détérioration des relations industrielles à la CNT au fait qu’il n’y a pas de directeur jusqu’ici à la tête de la corporation. Il accuse le directeur des ressources humaines de faire la pluie et le beau temps, en l’absence d’un directeur. « Depi ki sa nouveau HR la inn vini, li finn vir tou amba lao… Li finn remet en kestion tou bann drwa aki de bann travayer », a-t-il déploré. Pour soutenir ses dires, il a expliqué que les deux mois de overseas leave payées des travailleurs, ne sont plus payés depuis que ces vacances à l’étranger ont été converties en vacation leave. De même, quand un travailleur fait le choix de continuer à travailler après ses 60 ans, il n’a plus droit à une partie de sa lump-sum comme gratuity on retirement.
« Tous ces acquis ont été obtenus de haute lutte et les travailleurs ont même dû faire la grève pour les obtenir. Et voici que la nouvelle direction s’adjuge le droit de remettre en question nos droits acquis », soutient le syndicaliste.
Wakhil Lalloo ajoute que toutes les démarches pour faire entendre raison à la nouvelle direction ont été vaines, parce que celle-ci utilise des tactiques dilatoires à chaque réunion de conciliation.
Le syndicaliste a également dénoncé le refus du ministre de tutelle, Nando Bodha, de rencontrer les syndicats de la CNT sous prétexte qu’il ne fait pas de la politique. « Si enn minis na pa fer politik, ki li fer ? la prière ? » a-t-il ironisé. Il a appelé le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, et celui des Infrastructures publiques, Nando Bodha, à présider la prochaine réunion de conciliation avec la direction de la CNT.
Élaborant sur la remise en cause des droits acquis des travailleurs par la nouvelle direction de la CNT, Reeaz Chuttoo a expliqué que les employés n’ont plus droit, depuis quelque temps déjà, à ce que l’article 12 (3) de la Occupational Safety & Health Act (OSHA) de 2005 appelle des équipements de protection. « Uniform ek soulie, travayer nepli gagne », s’est-il plaint. « Enn travayer ki oblize met enn iniform dessire ek enn soulier defonse, li kapav soufer enn imiliasyon ki apel dan langaz teknik enn « psycho-social hazard », sa afekte so mental », a-t-il expliqué. « Selon OSHA si enn travayer santi ki so la sante fizik ou mental en danze, li kapav aret travay ek so patron na pa kapav pran sanksyon kont li », a-t-il martelé.
S’appuyant sur cet article de loi, Reeaz Chuttoo a menacé de demander aux travailleurs de cesser de travailler si la direction de la CNT ne s’engage pas « de bonne foi » à résoudre ces problèmes, nécessaires pour la bonne marche de la corporation. « La bonne foi des deux parties est d’autant plus importante que les négociations pour de nouveaux accords collectifs sont sur le point de commencer », a-t-il prévenu. Il a rappelé la capacité des syndicats de paralyser la CNT comme cela a été le cas en 2013. « 100 % travayer finn zete », a-t-il rappelé. « Bizin ena dialog, pa kapav enn dimounn blok relasion indistriel », a-t-il dit en parlant du HR Manager. Il s’est par conséquent joint à Wakhil Lalloo pour demander l’intervention des ministres Callichurn et Bodha à la prochaine réunion avec le management. « Nou pa pe fer santaz, nou pe humblement demand enn reunion », a-t-il dit.