La grogne des employés persiste toujours à la Compagnie Nationale de Transport (CNT). Alors qu’une réunion d’information s’est tenue en fin de matinée entre les représentants syndicaux et le Chairperson de la CNT, Chetan Rambans Dookhun, les employés dans la conjoncture actuelle feront part de leur décision au sujet de la marche à suivre lors d’une assemblée générale spéciale au Tamil Hall à La Caverne, Vacoas. La décision des autorités d’allouer certaines lignes de la CNT à d’autres opérateurs privés a contribué à un climat de tension au sein de la corporation. Anthony (Sam) Gérard poursuit quant à lui son mouvement de grève (2e jour) devant le siège social de la CNT à Bonne-Terre.
La réallocation de certaines lignes desservies habituellement par la CNT à des compagnies d’autobus privées, en l’occurrence le Rose-Hill Transport (RHT) et le United Bus Service (UBS), ne fait pas l’unanimité. Selon les employés regroupés ce matin devant le siège social de la corporation, la question d’une grève générale n’est pas envisagée. Ces employés, soutenant l’action de grève de la faim d’Anthony Gérard, réclament cependant à ce que la CNT continue de desservir les lignes les plus rentables, surtout dans le contexte économique restreint auquel fait face la compagnie.
« Lalign 141 Henrietta-Bord-Cascades-Port-Louis se lalign pli rantab, pa ti bizin al pou UBS », soutient Prem Moochit, président de la Transport Corporation Employees Union (TCEU). Son secrétaire, M. Gobin, abonde dans le même sens. Selon les deux hommes, le UBS et le RHT « ti bizin donn enn koudme lor bann lalign mwin rantab ». Selon ceux présents à Bonne-Terre, cette décision des autorités a contribué à un climat de tension à la CNT et aux abords des gares routières. En début d’après-midi, selon les informations recueillies par Le Mauricien, une vive altercation a éclaté à la gare du Nord entre des employés de la corporation et ceux d’autres compagnies d’autobus.
En fin de matinée, les représentants syndicaux de l’United Bus Industry Workers (UBIW), la Transport Corporation Employees Union (TCEU), la Transport Industry Workers Union (TIWU), la National Transport Corporation Employees Union (NTCEU) et la Bus Industry Traffic Officer Union (BITOU) ont rencontré le chairman de la CNT Chetan Rambans (Ashwin) Dookhun. Le General Manager, Robin Soonarane assistait, lui, à la séance du jour avec la PNQ portant sur la CNT.
Selon Alain Kistnen, secrétaire de l’UBIW, la réunion d’information a été satisfaisante. Elle a apporté à ceux présents des éléments d’informations sur la situation actuelle à la CNT, a-t-il précisé. Ces informations seront communiquées lors de l’Assemblée générale prévue ce soir à Vacoas. Il sera alors question de décider de la marche à suivre. Les représentants syndicaux ont voulu obtenir de la direction des précisions au sujet de l’achat de nouveaux autobus qui n’aurait pas été concrétisé. Contacté en début d’après-midi pour des commentaires, le chairman de la CNT n’a pas souhaité répondre à nos questions.
L’allocation de certaines lignes de la CNT à d’autres opérateurs provoque depuis hier la grogne auprès des employés de la CNT. Ce qui semblait être des rumeurs au départ pour les employés se sont confirmés avec l’apparition de nouveaux schedules pour les autobus, avec les lignes desservies depuis lundi par des autobus du RHT et du UBS. Avec la mise en application de cette décision de la National Transport Authority (NTA), soutenue par la direction de la CNT, les employés souhaitent par ailleurs obtenir l’engagement d’Anil Bachoo, ministre des Infrastructures Publiques, que les emplois seront préservées. Les employés craignent en effet que la réallocation de certaines lignes soit une mesure qui sera effective à long terme. Les employés veulent de plus obtenir une garantie, soit la preuve écrite que l’allocation de certaines lignes de la CNT à d’autres opérateurs du privé n’est qu’une mesure temporaire. Les syndicats comptent solliciter une rencontre avec la National Transport Authority (NTA).
Par ailleurs, Anthony (Sam) Gérard a reçu hier une correspondance signée Mallam Hassam, du département des Ressources humaines, soutenant que sa démarche de grève de la faim « is not in accordance with the provisions of the Employment Rights Act 2008 and accordingly cannot be entertained ». Ce dernier a été ordonné de se présenter au travail dès ce matin, « failing which it will be deemed that you have abandoned your post and the NTC will initiate action as appropriate ».