La National Transport Corporation Workers’ Power Union (NTWPU) est montée au créneau pour dénoncer la situation à la Compagnie nationale de transport (CNT). Après la mise à pied du président du syndicat concernant des propos tenus lors d’une conférence de presse l’année dernière, cette fois, c’est le secrétaire qui a été suspendu dans les mêmes circonstances. La NTWPU déplore également le fait que les sanctions ne soient pas appliquées de manière équitable pour tous. Elle cite en exemple le cas d’un receveur renvoyé pour « pilferage » tandis qu’un cadre, condamné par la cour pour vol, est, lui, toujours en poste.
« Nous réclamons la démission du HR. Comment se fait-il que quelqu’un qui a été condamné par la cour de Flacq pour vol le 9 mars dernier est toujours en poste deux mois après ? Pourtant, récemment, un receveur basé au dépôt de La Tour Koenig a été mis à la porte pour “pilferage”. On lui reproche de n’avoir pas donné de ticket à un passager. Si cela relève du vol et mérite une sanction, qu’en est-il de celui qui a été condamné par la cour ? » s’interroge Vijay Bhantoo, président de la NTWPU.
Il se demande ainsi s’il y a « une politique de deux poids et deux mesures » envers les « petits travailleurs et les cadres ». Il va plus loin et demande si le cadre est « protégé en raison de ses connexions politiques ? ». Au moment des faits, le cadre en question travaillait dans un hôtel de l’est, où le délit aurait été commis. C’est après cet épisode qu’il a été embauché par la CNT.
Vijay Bhantoo rappelle qu’il a lui-même été mis à la porte de la compagnie l’année dernière pour avoir dit, dans une conférence de presse, que la CNT avait « supprimé les freins manuels » dans les autobus de la marque Yu Tong, actuellement sur nos routes, « alors que tel n’est pas le cas pour la Rose Hill Transport, qui utilise les mêmes autobus ». Il dit maintenir ses propos à l’effet que cette pratique « pourrait causer de graves problèmes à l’avenir ».
Plus récemment, le secrétaire du syndicat, Prithviraj Sombary Doss, a, lui, été suspendu pour avoir dit que « la CNT n’avait pas rémunéré les chauffeurs et receveurs selon les dispositions de la loi pour les meetings du 1er mai ». Ce dernier avait en effet évoqué une circulaire de la compagnie, où il est précisé que « ceux qui sont en congé, mais qui acceptent de travailler le 1er mai, toucheront respectivement Rs 1 300 (chauffeur) et Rs 1 200 (receveur) ». Or, se référant au Remuneration Regulation GN227 de 2014, il précise que provision est faite pour que, dans une telle situation, étant donné qu’il s’agissait d’un jour férié, les travailleurs auraient dû toucher « trois fois la somme » de leur journée. « Un chauffeur ayant plus de 10 ans de service touche Rs 760,77 par jour. Trois fois cette somme fait donc Rs 2 282,3, et non pas Rs 1 300. »
Le syndicat dénonce ainsi une situation allant « au détriment des travailleurs » et invite ces derniers à se mobiliser. Un grand rassemblement est prévu pour la semaine prochaine au Tamil Hall, à Vacoas. La NTWPU rappelle également que tous ces cas « d’abus » font l’objet d’une affaire en cour. Le syndicat est soutenu dans sa démarche par Mes Rama Valayden, Neelkant Dulloo et Arun Binda.