Après le rejet de la proposition d’une hausse salariale de 8 % par la direction de la Corporation nationale de Transport (CNT), les négociations entre les représentants syndicaux et ceux du ministère du Travail – qui se sont tenues en milieu d’après-midi hier – se sont achevées sur une contre-proposition des syndicats après le premier chiffre de 15% avancé par le gouvernement, avec 11% pour la première année. En effet, les négociateurs de la CNT réclament une hausse salariale de 15 % pour la première année suivie de 7,5 % pour les deux années consécutives. Les négociations reprendront lundi à 15 h. Le ministère des finances étudie actuellement cette demande des employés de la corporation.
C’est à 17 h 45 que s’est achevée la deuxième série de négociations hier après-midi entre les syndicalistes représentant les employés de la CNT et ceux du ministère des Finances. La rencontre s’est tenue à la Victoria House à Port-Louis. en présence de Shakeel Mohamed, ministre du travail, qui a pris note des revendications salariales des employés de la CNT. Débutant avec un retard de 45 minutes, la première séance de négociation n’a duré pas plus de 45 minutes. Laissant les syndicalistes plancher sur la proposition des autorités, précisément une hausse totale de 15 % étalée sur 3 ans avec paiement d’une première augmentation de 11 % pour la première année suivie de 2% pour les deux prochaines années, Shakeel Mohamed a tenu à rappeler « la bonne foi du gouvernement » dans ce dossier. « Le gouvernement reconnaît l’importance d’un salaire décent et c’est dans cette optique que pour la première fois dans l’histoire de Maurice le gouvernement accepte une négociation collective avec les employés du secteur du transport », a-t-il déclaré. Et de soutenir : « Pa kapav ki lapel bann travayer pou enn negosiasion kolektiv rest lettre morte ». Cependant, il indique que toute augmentation réclamée doit être raisonnable. Le ministre du travail dit reconnaître d’ailleurs l’importance de ces négociations mais affirme que cette négociation de salaire ne doit pas se faire aux dépens des passagers. « Je fais un appel à la collaboration des syndicalistes. Nous ne pouvons prévaloir une augmentation salariale qui influencera le prix du ticket d’autobus. Les consommateurs ne peuvent en sortir perdant. De plus, nous devons également songer aux conséquences de cette augmentation sur la préservation de l’emploi des travailleurs », fait ressortir le ministre du travail.
Après une trentaine de minutes de réflexion, les syndicalistes ont rappelé le ministre pour leur faire part de leur décision. Reconnaissant la bonne foi du gouvernement lors de cet accord, ils proposent toutefois une contre-proposition de 15 % pour la première année et de 7,5 % pour les deuxième et troisième années.
Expliquant les raisons du renvoi de la proposition salariale de la direction de la CNT en début de journée hier, Reeaz Chutoo, secrétaire de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), a fait comprendre que cette nouvelle proposition « n’aura aucune connexion avec la réunion du National Remuneration Board (NRB) ». Dénonçant le « diktat » d’Ali Mansoor, secrétaire au Ministère des finances et de Xavier-Luc Duval, ministre des Finances, Ashok Subron, membre de Rezistans ek Alternativ, affirme que c’est la grève des travailleurs qui a permis que « les choses bougent ». Il lance toutefois un avertissement aux autorités compétentes : « Sans aucun cas de figure, nous accepterons que le scénario de la CNT pousse à la privatisation de cette compagnie ». Deepak Benydin, président de la National Trade Union Congress (NTUC) a, pour sa part, rappelé que la CNT est une compagnie publique, gérée par l’Etat. « Comment se fait-il que tous les employés de la fonction publique bénéficient du PRB mais lorsqu’il s’agit de revoir le salaire des employés de cette compagnie, cela semble être la mer à boire… li irrelevant kan gouvernman pe dir ki li pe gete si pou kapav peye », fustige le syndicaliste.
En attendant, la proposition d’augmentation salariale sera étudiée au ministère des finances. « C’est lundi après une consultation avec Xavier-Luc Duval que le gouvernement communiquera sa décision aux syndicalistes. Nous renvoyons les négociations pour lundi 15 h », a soutenu le ministre du travail. À Reeaz Chuttoo d’affirmer : « Si la proposition salariale émise par les syndicalistes n’est pas retenue par le ministère des Finances, nous serons prêts à nous rendre au ministère de tutelle pour faire comprendre la nature des demandes des employés de la CNT ».
Les retombées des négociations de lundi après-midi seront communiquées aux employés de la CNT lors d’une Assemblée générale lundi soir à Vacoas. Toutefois, la révision des conditions d’emploi reste en suspens. Elles feront l’objet d’une discussion séparée.