Des politiques commerciales soigneusement élaborées peuvent contribuer dans une bonne mesure au développement durable. C’est ce qui ressort du forum sur la politique commerciale organisé cette semaine à Genève par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) et auquel a participé Assad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.
La CNUCED avait réuni des spécialistes en matière de politiques et négociations commerciales qui ont été unanimes à reconnaître que des politiques bien pensées peuvent contribuer au développement durable. Le commerce international, selon eux, devrait agir comme un catalyseur de la transformation requise pour que les objectifs du développement durable énoncés par les Nations Unies puissent être atteints. Ce fait a été relevé par Guillermo Valles, directeur de l’ International Trade in Goods and Services Division de la CNUCED. Cependant, les intervenants au forum ont exprimé leurs inquiétudes devant le retard pris (14 ans) pour la conclusion des négociations au sein de l’Organisation mondiale du commerce, aussi connues comme le WTO Doha Round. Il faut, selon eux, que des avancées importantes soient réalisées lors de la prochaine conférence ministérielle de l’OMC prévue à Nairobi en décembre 2015.
Assad Bhuglah a fait ressortir que le mandat de l’OMC, en tant qu’instance pour des négociations et l’implémentation de politiques commerciales, va au-delà du Doha Round. Il considère que les différentes structures de l’OMC n’ont pas été utilisées comme il se doit pour faire avancer les négociations. Référence a été faite au Trade and Development Committee. Il est d’avis que si la prochaine conférence ministérielle ne parvient pas à faire progresser l’agenda du Doha Round, les pays membres devront envisager d’avoir recours à d’autres instances de l’OMC pour régler les différends. Assad Bhuglah a soutenu que Maurice a fait montre de pragmatisme dans la formulation de ses politiques commerciales, maintenant un équilibre entre son engagement dans des initiatives régionales et ses intérêts nationaux. Il a rappelé que Maurice n’a pas attendu ses partenaires régionaux pour ratifier le Trade Facilitation Agreement de l’OMC et que le pays a été le premier en Afrique à se joindre aux négociations sur le commerce des services (Trade in Services Agreement).
La Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) fait également état sur son site Web de l’adhésion de Maurice aux discussions sur le TiSA . Le gouvernement mauricien, indique la MCCI, a donné son accord à un texte concernant les offres d’accès au marché soumises par Maurice et ajoute que le pays offrira aux membres de l’OMC les mêmes offres présentées à l’Union européenne sous l’Accord de partenariat économique.  
Par ailleurs, lors du forum de la CNUCED, les participants ont observé que la formulation des politiques commerciales ne doit pas viser uniquement l’accès aux marchés, mais également la pénétration de ces marchés. Certains pays, ont-ils constaté, ont des politiques commerciales bien conçues mais n’ont pas la capacité de les mettre en pratique afin de récolter des bénéfices. Le professeur Graig Van Grasstek, de l’Université d’Harvard, a indiqué que contrairement à certains pays riches, de petites économies ont pu mettre en pratique des politiques commerciales intelligentes. Cependant, des économies insulaires sont pénalisées par le problème de connectivité maritime.