Nous faisons déjà face à la gloutonnerie et à l’incompétence des « cocovid », pardon, certains pseudo-leaders du Big Business et de leurs pantins en politique. En intériorisant le modèle où les Wall Streets du monde, le cours du baril de pétrole et les fluctuations du prix de l’immobilier de luxe servent, d’une part, de valeurs incontournables dans l’orientation des politiques publiques, et d’autre part, de baromètre de notre bien-être, nous nous sommes transformés en chambre d’écho de leurs désirs et caprices. Comme des crétins. Pour le moment, les médias sociaux ne sont qu’un défouloir pour constituer un vecteur de changement de paradigme.

Maintenant que nos défaillances systémiques sont cruellement exposées par le nouveau coronavirus, toute mutation sociétale saine dépendra de notre degré d’éveil et de l’ampleur de notre réveil. Pour commencer, il va falloir nous soigner du virus très pernicieux qui s’est ruisselé parmi la majorité d’entre nous : le FOMO (Fear of missing out). Une fois embarqué dans cette zone de confort matériel et de vide spirituel tant convoitée (le moyen d’acquérir le visa comptant souvent peu), c’est le sentiment d’invulnérabilité qui s’est propagé simultanément avec le quasi-déni des fractures sociales, pourtant de plus en plus visibles.
Aussi longtemps que ce virus parasitera notre écosystème, nous devrons apprendre à (sur)vivre avec l’amplification des troubles psychologiques, des dégâts environnementaux, des turbulences économiques, etc. et se contenter des palliatifs pour mitiger les dommages collatéraux. L’Histoire nous apprend qu’après de telles catastrophes, le monde se modifie. Dans quelle mesure, l’avenir nous le dira. En revanche, nous devons réaliser que ce sera dans le sillage d’une situation géopolitique très tendue et dans un climat de confiance ébranlée dans les gouvernements et les médias mainstream, les multinationales et les conglomérats, et les « experts ».

Que celles et ceux qui incarnent les agents du changement en profondeur se mobilisent pour chasser les messies fake. Il s’agit, essentiellement, de briser la chaîne du désespoir, de décloisonner les savoirs et de passer à l’action. Méditons pendant le confinement. Prenons des habitudes qui puissent être positivement contagieuses et potentiellement contribuer à l’émergence d’un monde, disons pour rester réaliste, moins toxique. Car il n’est pas dit qu’après ce ne sera pas business as usual pour les « cocovid », avec rien que des corrections cosmétiques. (tchombo.blogspot.com)

CHOMBO