Le lVe sommet de la Commission de l’océan Indien aura vraisemblablement lieu à Moroni le 26 juillet prochain et sera co-présidé par les Comores, président sortant de l’organisation régionale et le président en titre, Madagascar, a annoncé hier le secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac lors d’une conférence de presse.
L’avancement de l’organisation du Sommet a fait l’objet d’une déclaration de la partie comorienne lors de la réunion du conseil des ministres qui s’est tenu à Moroni la semaine dernière. Le ministre comorien des affaires étrangères, El-Anrif Said Hassane, a, à cette occasion, déclaré que « l’organisation de cet événement est prise en main par une commission pluridisciplinaire, émanant de la société civile et de l’ensemble des grandes administrations de notre pays qui se sont mobilisés pour faire de ce rendez-vous une réussite et une rencontre productive et fraternelle pour les décideurs qui ont la lourde responsabilité de bâtir notre destin collectif ».
A l’instar des sommets précédents, celui des Comores devrait réunir les présidents français, malgache, seychellois, et comorien ainsi que le Premier ministre Navin Ramgoolam.
Selon Jean Claude de l’Estrac, le conseil des ministres de la COI a discuté des sujets devant être portés à la connaissance des cinq chefs d’État et de gouvernement. Ainsi il sera question du changement d’appellation de la Commission de l’océan Indien en « Communauté de l’océan Indien ». Cette appellation exprime l’ambition commune des pays membres de bâtir une Indianocéanie des peuples, a dit Jean Claude de l’Estrac.
L’élargissement de la Commission ainsi que la volonté exprimée par plusieurs pays, dont le Sri Lanka et les Maldives, de rejoindre la COI seront aussi examinés. Le Secrétariat général a soumis au Conseil des ministres un rapport sur le sujet. La possibilité de création d’un statut d’observateur sera aussi étudiée.
S’agissant du financement, le secrétaire général de la COI a observé que l’organisation gère un portefeuille de projets de l’ordre de 23 millions d’euros pour 2014. Par conséquent, il doit pouvoir compter sur un Secrétariat général doté de ressources humaines renforcées.
Compte tenu des contraintes budgétaires des pays membres, il est nécessaire d’identifier des sources de financement innovantes afin de répondre aux demandes légitimes, et sans cesse plus grandes, des États membres et de la société civile.
Un rapport d’un cabinet de conseil a été présenté à cet effet. Le Conseil des ministres a pris note des propositions soumises et a décidé d’instituer un Comité budgétaire chargé de les étudier. Ce comité formulera ainsi des recommandations quant aux financements innovants envisageables afin d’accorder une autonomie accrue au Secrétariat général.
La réunion du 29e Conseil des ministres de la COI a aussi été marquée par la passation de pouvoir entre les ministres de l’Union des Comores, El-Anrif Said Hassance, et de Madagascar, Ulrich Andriantina. Les ministres ont applaudi le Président comorien sortant pour la tâche accomplie et accueilli la nouvelle présidence malgache qui a exprimé ses ambitions à savoir : consolider les objectifs de paix, de stabilité et de développement, à travers la mise en oeuvre effective des chantiers « structurants » auxquels participera activement la Grande Ile, en particulier sur le front de la sécurité agro-alimentaire.
Selon Jean Claude de l’Estrac, la dernière réunion du conseil des ministres s’est tenue sous le signe « de la consolidation et de l’ambition ». Sur le plan de la consolidation des actions mises en oeuvre par le Secrétariat général de la COI, une cinquantaine de fiches ont été étudiées. Elles rendent compte d’un large éventail d’activités traitant de diplomatie, de la défense des intérêts insulaires, de connectivité régionale, d’économie bleue ou encore de financements innovants.