La Commission de l’océan Indien se propose de définir et de chanter l’Indianocéanie le 7 juin prochain à travers trois manifestations : un colloque sur le thème « Indianocéanie : socle et tremplin de notre devenir », une exposition « Portes swahili : Les influences croisées au travers des rives de l’océan Indien » et un concert populaire avec la participation des artistes des pays de la région.
L’objectif de ces manifestations est de permettre une compréhension accrue de l’identité « indianocéanique », de son socle et du rôle de tremplin qu’elle peut jouer, de sa valeur ajoutée pour un développement économique et culturel ouvert au reste du monde.
« L’Indianocéanie est le nom par lequel les pays du sud-ouest de l’océan Indien, regroupés au sein de la Commission de l’océan Indien, s’identifient et se reconnaissent. Si l’indianocéanisme n’est pas un concept nouveau, son appropriation par les îles du sud-ouest de l’océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion, Seychelles) est récente », a fait comprendre le secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac, qui rencontrait la presse ce matin.
Selon le secrétaire général de la COI, cette culture indianocéanique doit aussi sa singularité à son histoire marquée par l’esclavage, l’engagisme et le colonialisme. « C’est du fait de ces étapes de construction que les peuples de l’Indianocéanie ont développé leur génie de résolution des conflits, leur capacité à concevoir l’égalité des citoyens dans le respect de la diversité, à gérer leurs identités multiples et leurs loyautés partagées. Camille de Rauville dira que l’indianocéanisme se présente “comme une manière d’envisager la vie, les hommes, les idées, une manière de les exprimer dans les oeuvres littéraires” », a-t-il dit.
Le colloque réunira les scientifiques de la région et un concert populaire avec des artistes des îles. Les objectifs du colloque sont de renforcer le processus de reconnaissance identitaire et patrimoniale de la région indianocéanique afin de mieux définir sa singularité et sa position face au reste du monde. De nombreuses disciplines sont mobilisées : l’anthropologie, l’ethnologie, l’archéologie, la biologie, l’écologie, l’économie, la géographie, l’histoire, la sociologie…
La participation programmée des membres du Réseau universitaire et de recherche permettra d’apporter de nouvelles connaissances sur l’Indianocéanie, sa singularité et sa valeur ajoutée. L’implication d’acteurs des mondes politique, économique et culturel aux discussions assurera une vision plus complète des questions posées et des réponses apportées.
Les travaux du colloque qui seront publiés viendront compléter le document de stratégie régionale culturelle récemment élaborée par la COI. Le but primordial de cette stratégie culturelle est de permettre à la COI de jouer pleinement son rôle fédérateur à travers la promotion du co-développement durable de l’Indianocéanie, dont elle défend dans les forums internationaux les spécificités écologiques, économiques et culturelles.
Grâce à des actions de créations, de valorisations et d’échanges culturels, la COI, et par-delà l’Indianocéanie, pourra montrer son existence directement au coeur des populations en faisant résonner, dans un esprit fédérateur, des valeurs universelles de paix et de respect. La reconnaissance et la consolidation de la culture indianocéanique, ne peut que contribuer à développer et à faire émerger une zone de contact dynamique et prospère, bâtie sur des identités en mouvement.