Dans le cadre du Plan régional de surveillance des pêches, la Commission de l’océan Indien a remis hier au ministère de la Pêche du matériel d’une valeur de Rs 300 000. Ces équipements visent à professionnaliser davantage la lutte contre la pêche illégale et non déclarée. La COI et la National Coast Guard travaillent de concert pour mener ce combat. Trois observateurs de pêche par pays membres ont aussi été formés.
Ordinateurs portables, appareils photos, équipements spécifiques pour la mesure, la pesée et l’échantillonnage, ainsi que du matériel de sécurité font partie du don de la Commission de l’océan Indien (COI) aux observateurs de pêche mauriciens. Ces outils sont considérés comme des éléments nécessaires dans la promotion d’une pêche durable et avant-gardiste dans la région.
Mis en place par la COI en 2007, le Plan régional de surveillance des pêches (PRSP) est financé par l’Union européenne (UE). Des missions de surveillance conjointes dans cinq espaces maritimes – les Comores, La Réunion, Madagascar, Maurice et les Seychelles – ont ainsi pu être organisées. Selon Denis Reiss, chargé du programme Élevage et Pêche à l’UE, ce don d’équipement intervient au moment où Maurice et l’union ont paraphé un nouvel accord de pêche. « Nos intérêts pour combattre la pêche illégale vont cependant au-delà du fait que les bateaux de l’UE pêcheront dans la zone. Maurice compte moins d’un pour cent des captures dans tout l’océan Indien. Cet engagement a pour but de gérer la pêche de façon responsable dans la région. »
Pour le ministre de la Pêche, le pays a la volonté de combattre la pêche illégale à tous les niveaux. Nicolas Von-Mally considère que ces équipements de surveillance arrivent à point nommé, soit avec le projet de loi visant à étendre notre zone maritime exclusive de 396 000 m2. « Nous allons faire en sorte que la pêche soit soutenable et bien réglementée. »
Le représentant du secrétaire général de la COI a, quant à lui, fait ressortir que la commission veut pérenniser les activités de pêche dans la région. Léon Razaka a rappelé que la COI a toujours aidé à la gestion de la pêche. Le PRSP doit ainsi aider les États membres à se mettre en conformité avec les résolutions de la Commission thonière de l’océan Indien.
Selon Xavier Nicolas, coordonnateur du PRSP, la lutte contre la pêche illégale s’inscrit dans le cadre de la gestion des ressources marines. Ce plan aide aussi les États à décloisonner et partager les moyens et le savoir-faire. La surveillance se fait à l’aide de satellites et radars, ce qui permet de détecter les navires suspects en toute discrétion. Depuis 2007, 30 missions d’une vingtaine de jours ont ainsi été réalisées. Au total, 27 infractions et sept arraisonnements ont eu lieu.
Le PRSP, a souligné Xavier Nicolas, est un programme scientifique qui permet d’évaluer les pratiques de pêche. Les observateurs sont appelés à collecter des données sur les captures et évaluer les « by catch » (oiseaux, tortues, mammifères marins, etc). Trois observateurs par pays membres ont ainsi bénéficié d’une formation technique maritime de haut niveau à La Réunion.