Le secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), Jean-Claude de l’Estrac, a présenté hier le développement d’une desserte maritime intrarégionale comme une des principales priorités de la COI. Cette question a été évoquée lors d’une conférence de presse donnée en présence de ses principaux collaborateurs au siège de la commission à la Cybercité d’Ébène pour évoquer plusieurs projets majeurs de la COI dans le domaine du tourisme, de la surveillance de la zone maritime de l’océan Indien, de la production alimentaire, entre autres. « Ma mission consiste à rendre visible ce qui est invisible », a lancé Jean-Claude de l’Estrac qui a observé que les projets de la COI, qui ont tous une portée régionale, ne sont pas suffisamment mis en valeur.
« Il n’est pas possible de confronter les défis économiques et commerciaux de l’intégration régionale sans traiter de la question de connectivité », a soutenu Jean-Claude de l’Estrac. Pour lui, la desserte maritime constitue un élément stratégique majeur dans le développement des échanges commerciaux entre les îles de la région et dans le développement économique de ces pays. Il a cité le cas des Seychelles qui ne sont desservies que par une seule ligne maritime, avec tous les problèmes que cela représente pour les opérateurs économiques, et la sous-exploitation de la production alimentaire de Madagascar faute d’une communication maritime régulière. Il reconnaît toutefois que ce service ne pourra se développer sans le soutien des États régionaux. « Vu que ce projet sera pas immédiatement rentable, il faudrait un soutien du public et de nos partenaires de développement », dit-il. Dans ce contexte, il a annoncé l’organisation d’un atelier de travail à Maurice les 10 et 11 septembre prochains regroupant les représentants des secteurs publics et privés régionaux et les partenaires de développement, entièrement consacré à la desserte maritime. Il s’agira de mobiliser les principaux partenaires concernés autour des problématiques clés du transport maritime dans la région de l’océan Indien et de se mettre d’accord sur une feuille de route sur la question.
Pour Jean-Claude de l’Estrac, cette question de desserte maritime est directement liée avec un autre projet qui est celui de la sécurité alimentaire avec Madagascar comme base de production. Il a fait mention d’une étude qui fait le constat d’un énorme potentiel dans la région. La COI se propose donc d’organiser une table ronde qui regroupera les principaux acteurs privés, les responsables gouvernementaux et les partenaires de développement au début de l’année prochaine.
Pêche illégale
Au chapitre du tourisme régional, Jean-Claude de l’Estrac a observé que la crise économique dans les principaux marchés touristiques n’affecte pas uniquement Maurice mais tous les pays de la région. D’où la nécessité de dégager une stratégie qui pourrait profiter à l’ensemble des pays de la région. Dans ce contexte, le président de la COI, Jean Paul Adam, a pris l’initiative de convoquer les ministres des Affaires étrangères et du Tourisme à une réunion à l’île de la Réunion les 11, 12 et 13 novembre prochains en marge de la visite que doit effectuer le président seychellois à l’île soeur.
« Plusieurs idées ont été évoquées dont le concept Îles Vanille en vue de promouvoir globalement cette région de l’océan Indien. Encore une fois la COI compte réunir toutes les parties prenantes afin de dégager une politique pour la promotion de la région océan Indien ». Jean-Claude de l’Estrac s’est voulu optimiste en soulignant que s’il est vrai qu’une stagnation a été constatée, « les volumes se maintiennent et restent assez considérables ». Il y a d’ailleurs un ensemble de projets de développement dans tous les pays de la région. Il s’agira de savoir comment mettre ensemble des ressources.
Le SG a aussi évoqué le travail considérable abattu dans le cadre du programme régional de Surveillance de l’espace maritime de l’océan Indien. « Il y a eu ces dernières années un énorme travail réalisé en commun par l’ensemble des pays de la région, qui a permis d’assurer une surveillance méthodique effective et efficace de l’espace maritime de l’Indianocéanie. Une nouvelle expédition se fera à partir de l’île de la Réunion. Le but est de dépister les pêcheurs illégaux qui ont été assez nombreux dans la région. Beaucoup de patrouilles ont été faites. Une trentaine de missions ont été réalisées à l’île de la Réunion totalisant quelque 900 jours en mer sur une période de près de cinq ans, 330 contrôles sur les navires de pêche. Elles ont constaté 27 infractions graves et effectué sept arraisonnements. Cette démarche a été soutenue par une surveillance aérienne d’une durée totale de 750 heures qui a permis d’identifier quelque 450 navires par avion ». Pour le secrétaire général de la COI, ce programme de surveillance est un exemple tangible de la coopération régionale et démontre comment en mettant ensemble ses moyens et les ressources l’on a pu réduire la pêche illégale dans la région.