Jean-Claude de l’Estrac, secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), annonce avoir fait une requête à la direction du nouveau aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam, dont l’ouverture serait prévue pour août, pour un couloir spécial dédié aux indianocéaniens. C’était jeudi dernier, lors du colloque de deux jours organisé par la COI sur l’Indianocéanité.
Des intervenants au colloque ont évoqué le problème d’obtention de visa par les peuples indianocéaniens et leur libre circulation entre les îles du sud-ouest de l’océan Indien. A l’instar d’un représentant des Comores, qui a fait état de ses difficultés pour avoir un visa pour se rendre au colloque.
Le SG de la COI a indiqué que cette question a été évoquée à deux reprises au sein du conseil des ministres de la COI. Selon lui, les membres se sont penchés sur une liste de catégories de personnes qui pourraient bénéficier d’une libre circulation entre les îles. Cependant, poursuit-il, « cela ne fait pas l’unanimité ». Il pense néanmoins que cela élargirait l’éventail de possibilités.
Dans la même foulée, il annonce qu’il a discuté avec la direction du nouvel aéroport SSR « pour installer un couloir pour accueillir les gens de l’océan Indien. Si cela est accepté, ce sera une grande première et les autres pays membres pourront en faire de même dans les autres aéroports de la région y compris à Gillot ». Jean-Claude de l’Estrac affirme que « la promesse nous a été faite ». Toutefois, méfiant, il préfère attendre la concrétisation du projet. Il concède néanmoins que cela ouvrirait la porte à d’autres demandes car Maurice fait partie d’autres organisations régionales dont la SADC et le COMESA. Il estime que « pouvoir accueillir les gens de la région d’une certaine manière serait un grand progrès ».
Les intervenants à ce colloque ont tous tenté d’apporter leurs idées en vue de consolider les relations entre les îles du sud-ouest de l’océan Indien. Les grandes questions sur lesquelles ils ont réfléchi sont « l’indianité, le socle de notre intégration », « Échanges et dialogues interculturels dans l’indianocéanie », « L’indianocéanie, un tremplin pour le tourisme », « Tourisme culturel et protection du patrimoine », « Gestion durable du patrimoine naturel ».
Outre l’accès libre aux îles par les populations, l’éducation a été un des noyaux discutés par les intervenants. La culture demeure pour Jean-Claude de l’Estrac le fond commun des îles. Des propositions pour la création d’un Institut politique, d’une université indianocéanienne, d’une Agence de presse à l’exemple de l’Agence France Presse, d’un échange de programmes culturels de télévision, d’une meilleure exposition aux langues, entre autres, ont été faites par les participants.
Le SG de la COI a, pour sa part, annoncé le projet de jeux intervilles, dont il a parlé avec le maire de Saint-Denis. Pour lui, ce serait une façon de faire se rencontrer les citadins indianocéaniens.