Dans une récente lettre d’information, la Commission de l’Océan Indien a souligné que trois chapitres ont été consacrés aux Petits États Insulaires en Développement dans la déclaration finale du sommet Rio +20. Il s’agit d’une première, a-t-elle fait ressortir.
Les Petits États Insulaires en Développement (PEID) ne trouvaient généralement pas écho dans les déclarations finales des conférences internationales. Avant Rio +20, ils ne faisaient l’objet que de sommets spécifiques, à l’instar du programme d’action de la Barbade (1994) et de la stratégie de Maurice (2005).
Ainsi, Rio +20 est venu marquer un tournant — un élément qui pourrait tamiser le cynisme entourant la « sécheresse de volonté » entourant le carrefour des enjeux écologiques. En effet, sa déclaration finale consacre trois chapitres aux PEID. « C’est une première ! » ne manque pas de relever la Commission de l’Océan Indien (COI) dans sa lettre d’information rapportant les hauts faits de la délégation. Et de résumer : « Dans ces chapitres, les vulnérabilités particulières des PEID sont réaffirmées, il est demandé aussi “que le soutien apporté par les organismes des Nations unies à ces États soit renforcé afin de les aider à faire face aux nombreux obstacles existants et nouveaux, qui freinent leur développement durable”, et il a été décidé d’organiser une troisième conférence internationale sur les PEID en 2014. »
Outre l’appel lancé aux communautés des pays insulaires afin qu’ils travaillent davantage ensemble, la COI a par ailleurs procédé à la signature de deux protocoles de collaboration avec le Programme Régional Océanien pour l’Environnement (PROE) et le Centre de la Communauté des Caraïbes pour le Changement Climatique (5C). Ce serait une « une étape historique », selon Callixte d’Offay, secrétaire général de la COI.
Mais pour ce qui est des retombées générales de Rio +20, la COI abonde dans le sens que de nombreuses ONG criant leur désarroi devant le superflu des mesures : « L’accord a gommé les passages prêtant à controverse, se contentant de pétitions de principe, générales et consensuelles, et démontrant la force des égoïsmes nationaux et la faiblesse de la solidarité écologique planétaire. » Rio+20 aurait ainsi « accouché d’un accord à minima, sans dégager de vision pour l’avenir ».
Quid du green ? « Les pays du Sud, le Brésil en tête, ont vu dans l’économie verte un éco-blanchiment (greenwashing) du capitalisme, un frein à leur développement et une manoeuvre des pays riches d’imposer leurs savoir-faire et technologies, sous couvert de considérations environnementales », lit-on encore.
La commission a marqué le sommet Rio +20 de sa présence, intégrée à la délégation officielle des Seychelles, pays exerçant la présidence du Conseil de la COI.