Alors que le décès de Rakesh Dayal, employé à l’aéroport SSR au Mauritius Duty Free Paradise, victime des complications liées au virus de la grippe AH1N1, a été constaté mardi, voilà qu’un deuxième décès, celui de Rajcoomar Kooleesur, employé affecté à la sécurité à l’aéroport, mercredi dernier à l’hopital de  Rose-Belle, vient renforcer l’inquiétude des employés de ce point névralgique du pays sur une possible relation entre ces deux cas  bien que la version officielle donne comme cause le leptospirose. Les préposés du ministère de la Santé qui n’étaient pas au courant de ce deuxième décès lors d’une conférence de presse cette semaine en l’absence du ministre de tutelle, Lormesh Bundhoo, à l’étranger,  ont rappelé que depuis le début de l’année, une trentaine de cas de la grippe A (H1N1) ont été recensés mais qu’il n’y avait pas lieu de céder à la panique car le virus H1N1 se traite comme toutes les grippes saisonnières.
Rajcoomar Kooleesur, 29 ans, habitant de Trois Boutiques, employé comme agent de sécurité a l’aéroport, est décédé  à l’hôpital de  Rose-Belle mercredi dernier à 17h soit le lendemain de la mort de Rakesh Dayal, qui a finalement succombé aux complications de sa grippe AH1N1 contractée, selon toute probabilité,  il y a quelques semaines sur son lieu de travail, à l’aéroport SSR de Plaine Magnien.
Ce patient était arrivé aux urgences de l’Hôpital Nehru de Rose-Belle le 10 août avec des symptômes de jaunisse mais a refusé malgré son état d’être admis. Il est donc rentré chez lui mais il est revenu en urgence le lendemain le 11 août. Son état s’était détérioré et était jugé grave par les médecins de service. Les premières observations devaient révéler des symptômes de leptospirose et les analyses  sanguines ont confirmé une infection bactérienne et un rein et un foie en mauvais état.
Rakesh Dayal, première victime de l’AH1NI
La leptospirose, aussi appelée maladie du rat, est une maladie bactérienne qui se transmet par contact avec de l’eau, de la terre ou des aliments contaminés par de l’urine d’animaux infectés ou encore par contact direct avec des animaux infectés dont le rat est le vecteur le plus connu.
Rajcoomar Kooleesur devait succomber à ses infections trois jours plus tard, soit le mercredi 14 août vers 17 heures. Des nouvelles analyses sanguines ont été effectuées et expédiées à Candos pour vérifier si le patient ne portait pas également dans son organisme le virus H1N1 car parmi ses symptômes figuraient également la grippe et parce qu’il travaillait à l’aéroport comme Rakesh Dayal.
 A ce stade les conclusions de ces analyses n’ont pas été rendues publiques.
 Quoiqu’il en soit, le virus de la grippe A(H1N1) a fait une victime à Maurice, mardi dernier. La victime, Rakesh Dayal, un proche du ministre Suren Dayal, montrant les symptômes de l’infection au virus , avait été hospitalisée en début du mois. Il est décédé suite à des complications, malgré des soins intensifs à l’hôpital Candos.
 Rakesh Dayal, âgé de 33 ans, était employé à la Mauritius Duty Free Paradise (MDFP) au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Après avoir passé trois semaines à l’Intensive Care Unit (ICU), son état de santé s’est déterioré en début de semaine et le trentenaire a ainsi rendu l’âme vers 16h 30 mardi dernier, suite à des complications liées à l’infection. Il s’agirait du premier cas officiel enregistré à Maurice. Rappelons que  l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a décrété la fin de la pandémie du H1N1 en 2010, donnant ainsi au virus le statut de grippe saisonnière.
 Deux autres personnes admises à la même période, semblant présenter les symptômes de la grippe AH1N1, créant une situation de panique aussi bien auprès des employés de la MDFP que de la population en générale. Le ministère de la santé devait finalement affirmer catégoriquement que ces deux cas n’étaient pas liés au virus bien que reconnaissant, comme publié par Le Mauricien et Week-End, que 30 cas avaient été répertoriés par les services publics depuis le début de l’année mais qu’il ne fallait pas céder à la panique  car désormais la grippe  AH1N1 est considérée comme une grippe saisonnière.
Grippes saisonnières : des complications toujours possibles
Vassen Pauvaday, Ag. General Healh Public Services du ministère de la Santé explique qu’en période de grippe, plusieurs types de virus sont en circulation, ce qu’on appelle le “seasonal flu” et le A(H1N1) fait partie de ces grippes saisonnières. La grippe A(H1N1) a commencé à faire ravage à travers le monde en 2009, alors déclarée comme une pandémie. Depuis 2010, la grippe A(H1N1) est classée dans la même catégorie que la grippe saisonnière. Comme toute infection d’origine grippale, ce virus se manifeste par un état de fièvre intense (une température de plus de 38 °C), la toux, des courbatures et parfois le mal de gorge. Il souligne également que, comme toute grippe saisonnière, le A(H1N)1 est traitable avec, par exemple, du paracétamol. Cependant, ajoute-t-il, les grippes saisonnières ne sont pas à prendre à la légère car elles peuvent entraîner des complications. ?
Sites sentinelles dans les hôpitaux
?Il existe des sites sentinelles dans les hôpitaux qui se chargent de la surveillance de la tendance des virus et des grippes saisonnières. C’est ce qu’explique le Dr Tilochun Nundlall du ministère de la Santé. Ces équipes de surveillance ont décelé qu’il y a moins de cas des “upper respiratory tract infections” cette année, comparé à 2012. Il explique que ces maladies “upper” respiratoires aiguës sont causées par plusieurs virus, dont ceux de la grippe. Les trois virus les plus fréquents, dit-il, sont le A(H1N1), le A(H3N2) et la grippe B, qui sont les virus qui peuvent entraîner des complications. Ainsi, le Dr Tilochun Nundlall affirme que certaines personnes atteintes d’une de ces grippes mentionnées peuvent développer des maladies plus sévères. “Les personnes à risques sont les enfants en bas âge, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies chroniques ou de maladie pulmonaire et celles qui sont diabétiques, les personnes qui ont une baisse d’immunité (atteintes du VIH et du cancer)”, explique-t-il.?Le Dr Subraj Mudhoo, Chest Physician, rappelle, pour sa part, les symptômes de la grippe. “La plupart du temps, les personnes souffrant de la grippe ont les symptômes suivants: toux, fièvre, courbature, migraine, diarrhée et vomissement. Et dans 95% des cas, ces personnes se soignent avec un traitement symptomatique.” Si complication il y a, les malades peuvent être infectés par des bactéries, et ils devront alors consulter un médecin. Cette infection bactérienne se soigne par des antibiotiques, mais dépendant de l’importance des complications, les traitements vont différer, et peuvent amener à une admission à l’hôpital. “La pneumonie est la complication la plus sévère: cela entraîne une toux plus sévère, une expectoration jaunâtre ou verdâtre, apparition de sang dans le crachat, et des difficultés respiratoires. Plus la maladie est sévère, plus la respiration devient difficile”, explique le Dr Subraj Mudhoo.?Selon le Dr Tilochan Ram Nundlall, Ag. Director Health Services, le ministère n’a pas les chiffres pour Maurice concernant le taux de mortalité lié à la grippe A(H1N1). Cependant, les cas de grippe traités dans les hôpitaux régionaux et ceux de Mahébourg, de Souillac et ENT (ear, nose and throat) de Vacoas, sont de 4 974 cas du 5-11 août 2013, contre 5 984 dans la même période l’année dernière. La Santé indique ainsi que le nombre de cas est en baisse cette année. De plus, le Dr Pauvaday affirme que le ministère n’observe “aucun rush inhabituel dans les hôpitaux en cette période”. Le ministère de la Santé surveille également le coronavirus, un virus de maladie respiratoire en provenance du Moyen-Orient.