Les quelque 80 travailleurs étrangers de l’usine KNE Garments Co Ltd ont-ils été bernés par des agents recruteurs au Bangladesh ? Tel est en tout cas le sentiment général au sein du ministère du Travail après la rencontre d’hier avec une délégation d’employés, qui négociaient au nom de l’ensemble des ouvriers du Bangladesh et de l’Inde ayant manifesté devant la Victoria House. Tout porte en effet à croire que ces derniers ont été induits en erreur concernant le quantum de leur boni de fin d’année, raison les ayant poussés à se masser devant les locaux du ministère du Travail depuis tôt hier matin.
Quelque 80 travailleurs bangladais et indiens ont décidé hier de porter plainte contre leur employeur pour n’avoir pas encore obtenu leur boni de fin d’année. Ils ont également rapporté d’autres doléances au ministère du travail. Il semblerait ainsi qu’ils aient été induits en erreur car les travailleurs étrangers ont cru qu’ils allaient toucher leur boni de fin d’année dans son intégralité. Or, cela ne fait que trois mois qu’ils travaillent à Maurice. Conformément à ce qu’ils souhaitaient, ils ont pu rencontrer le ministre du Travail, qui les a reçus hier vers 12h30.  Soodesh Callichurn et les officiers de son ministère leur ont fait comprendre que les lois du travail mauriciennes prévoient un boni de fin d’année calculé au pro rata pour ceux ayant pris emploi durant l’année écoulée et qui sont toujours en poste au mois de décembre.
Les travailleurs étrangers travaillant pour le compte de cette usine, basée à Phoenix et engagée dans la fabrication de vêtements, avaient aussi dénoncé le fait qu’ils travaillent sans bénéficier de congé, selon eux. Mais il ressort finalement de leur rencontre avec le ministre que ceux-ci avaient mal assimilé la clause de travail concernant les dimanches et jours fériés, ces derniers pensant que « c’était obligatoire ». À noter toutefois qu’ils étaient tout de même payés pour leurs prestations lors de ces journées spécifiques. Ainsi, les travailleurs bangladais et indiens ont demandé à ne plus travailler ces jours-là. La rencontre avec la délégation des travailleurs, les techniciens du ministère et des responsables de la direction de KNE Garments Co a de fait permis de revoir certaines conditions d’emploi, avec pour résultat que la requête des travailleurs étrangers de ne plus travailler les dimanches et jours de congé public soit acceptée par la direction de l’usine.
Ce cas de conflit industriel fait revenir sur le tapis le cas des travailleurs étrangers à Maurice. Le ministre Callichurn a annoncé qu’il comptait revoir l’aspect concernant le recrutement des travailleurs étrangers. « Je compte mettre de l’ordre dans le dossier », a-t-il d’ailleurs déclaré. Et d’annoncer dans le même souffle une prochaine session de travail avec ses officiers pour se pencher précisément sur cette question. Le ministre affirme avoir constaté une recrudescence de travailleurs, provenant de pays comme le Bangladesh, se faisant berner par des agents recruteurs dans leur pays, les ouvriers étant ainsi victimes de fausses promesses. Le ministre explique également avoir constaté que ces agents recruteurs exigent de plus une importante somme d’argent aux travailleurs étrangers afin de les faire venir à Maurice.