C’est aujourd’hui que sera donné le coup d’envoi de la troisième édition du Colin Mayer Classic, la deuxième course à étape (elle en comporte trois) du calendrier. Longue de 165,8 km, elle verra s’affronter Mauriciens et Réunionnais pour une épreuve qui s’annonce épique. Yannick Lincoln, chef de file du VCJCCC-Bank One, remet son titre en jeu, avec l’espoir d’aller le reconquérir.
Si à chacune de ses victoires dans cette course le niveau est monté d’un palier, cette année, Yannick Lincoln devra se montrer très rusé. Pour cause : les Réunionnais ne viennent pas avec la fleur au fusil, ni avec l’intention de jouer les faire-valoir, et encore moins en victimes expiatoires.
À voir ceux qui feront le déplacement, Lincoln n’aura pas forcément le choix : il devra attaquer et gérer chaque seconde d’avance. Richard Barret, Jean-Denis Armand, Stéphane Lucilly, trois coureurs qui devraient le mettre à mal du côté du Vélo Club de l’Ouest (VCO).
Avec le Vélo Club de l’Est (VCE), ce n’est toujours pas une sinécure. Bertrand Soubadou, grand sprinter et troisième au général l’année dernière, Mike Ferrere, deuxième en 2010, seront présents cette année pour tenter de donner la réplique au Curepipien.
Et justement, ils pourraient envisager de gagner cette épreuve. Surtout s’ils s’allient durant la course. Mais Lincoln a le temps pour lui. Avec le chrono en premier, il pourra mettre le maximum de temps entre ses poursuivants et lui-même.
On se souvient que l’année dernière il avait dû faire appel à ses jeunes coéquipiers — et à la force de ses mollets — pour recoller une brèche de plus de quatre minutes. Mais encore ! Sur la fin, seul Soubadou se montrera plus rapide que lui. C’est ça le vélo à la manière Lincoln : intelligence, combattant jusqu’à la fin et surtout une parfaite maîtrise de son sujet.
Et puis, si on se rappelle bien, l’année dernière, dans la cinquième étape du Tour de Maurice, il avait déposé tout le monde dans les pentes de Plaine Champagne pour s’envoler vers une victoire en solitaire. Ce scénario pourrait bien se répéter si on prend en considération que les coureurs devront affronter en deux occasions les pentes de Chamarel et de Fantaisie dimanche.
Bien sûr, on devrait assister à de belles empoignades. Sur la deuxième étape surtout, avec un parcours relativement plat et du vent. L’année dernière, cette deuxième étape avait accouché d’un vainqueur inédit, avec Anthony Laurent qui s’imposa au sprint.
Maintenant, les autres formations gagneraient à placer leurs coureurs dans le bon paquet. Pascal Ladaub (UCRH-Engen) avait justement profité de cette tactique pour se faufiler à la troisième place du général. Mais est-il suffisamment en forme pour aller contrer l’armada réunionnaise, en sus de celle du VCJCC-Bank One ?
Grande question, quand on sait que Ladaub était assez discret dans le peloton. Les suiveurs mettraient plutôt une petite pièce sur Ashley Sumbholaul, déjà vainqueur au sprint à La Tour Koenig et grand bonhomme de l’UCRH-Engen depuis le début de la saison.
Mais les autres équipes, faute de pouvoir jouer le général, pourraient au moins aller chercher la victoire d’étape. Même si sur le papier le VCJCC-Bank One présente les meilleures statistiques et les meilleures individualités, il faut s’attendre à une lutte qui commencera dès les premiers coups de pédale du chrono demain matin.
La dernière question est : Lincoln pourra-t-il garder ses coéquipiers motivés jusqu’à la fin ? En tout cas, l’année dernière, il a bénéficié de l’effet JIOI, où chacun se battait pour une place. Cette année, pas sûr que l’effet soit le même…