Le système SMS (Short Message System) introduit par le ministère de l’Éducation pour avertir les parents en cas d’absence de leur enfant à l’école donne lieu à des couacs fréquents et qui dans certains cas provoquent de l’affolement chez les destinataires des messages. Par exemple, des parents sont informés que leur enfant n’est pas à l’école alors que celui-ci est déjà en classe. Le système est opérationnel dans tous les collèges d’État tandis que dans le secondaire privé l’on est encore très peu convaincu de son efficacité.
Depuis l’introduction en février dernier de ce système d’alerte électronique concernant des retards ou des absences d’élèves dans le secondaire, quelque 100 000 messages ont été envoyés à des parents. À ce jour, l’ensemble des collèges d’État et une vingtaine d’établissements privés ont adhéré au projet. « Plus de 90 % des parents dans mon école ont signé le formulaire de consentement », indique un recteur d’un établissement de la capitale. Selon le ministère de l’Éducation, ce système d’avertissement aurait réduit la tendance à faire l’école buissonnière. « Le système agit comme une force de dissuasion. L’élève sait que ses parents vont être avertis immédiatement de son absence et réfléchit à deux fois avant de se laisser tenter par une escapade », affirme Soondress Sawmynaden, recteur du Collège John Kennedy et président du syndicat des recteurs des collèges d’État.
Dans l’ensemble, les parents sont favorables à toute initiative des autorités pour contrer l’absentéisme parmi les élèves. Toutefois, ce système SMS provoque, six mois après son introduction, quelques grincements de dents, voire un certain mécontentement parmi des destinataires des messages « XXX of Form XXX of SSS is not present today ». Dans de nombreux cas, des parents ont été informés par l’école aux alentours de 9 h 30 que leur enfant ne s’y trouvait pas alors que tel n’était pas le cas. Une mère, travaillant dans une entreprise de la capitale et dont la fille est en Lower VI dans un collège d’État de Vacoas, relate comment elle a paniqué en recevant un message similaire. « Quand j’ai reçu ce message, j’ai appelé immédiatement mon mari pour le mettre au courant de la situation. Le portable de notre fille était éteint et nous ne pouvions vérifier où elle était. Nous avons paniqué. Je m’apprêtais à prendre un taxi pour me rendre au collège mais une collègue me conseilla d’appeler l’école avant de bouger. Et c’est à ce moment-là que j’ai su que ma fille était bien à l’école », témoigne cette maman.
Un père raconte qu’il a reçu ce type de message pour la troisième fois au début de la semaine écoulée. « Senn foi-si mo finn byin an koler e mo finn dir lekol ki zot bizin byin verifie avan ki zot anvoy mesaz inkietan bann paran. Zot kree dout dan latet dimoun. Pou ariv enn zour kot bann paran pou nepli pran kont e ler la problem kapav arive », peste ce père de famille, hors de lui.
Que dire aussi de ces messages d’absence qui parviennent aux parents tard dans la soirée et parfois au milieu de la nuit. Il y a aussi le cas de ces parents qui prennent le soin d’appeler l’école pour informer de l’absence de leur enfant mais qui reçoivent pourtant plusieurs SMS au cours de la journée.
Mais il n’y a pas que des parents d’élèves qui se plaignent de ces messages erronés. Des Bangladeshis travaillant dans une usine de textile, située dans les basses Plaines-Wilhems, en reçoivent fréquemment et les montrent à leurs collègues mauriciens. « Zot dir nou lir sa mesaz-la pou nou explik zot ki ena ladan. Plizier foi zot gayn sa kalite mesaz-la e nou finn deza apel lekol pou dir ki zot pena zanfan e ki zot bann travayer etranze », relate un de ces employés.
Manifestement, il y a un certain dysfonctionnement dans le processus et un manque de coordination entre les différentes parties concernées. Des recteurs ne nient pas qu’« il y a quelques petits problèmes ». « Il y a eu des cas où des parents ont eu une mauvaise information alors que l’enfant se trouve à l’école. Quand cela arrive nous présentons nos excuses », dit ce recteur de la capitale. « Il faut peaufiner le système, il y a quelques petites failles dues à un manque de moyens. Par exemple il faut impérativement augmenter le personnel administratif car les clerks sont débordés par le volume de travail », explique le recteur du JKC.
Au ministère des Technologies de l’Information et de la Communication, un cadre souligne que l’apport concerne principalement l’aspect technique. « Nous sommes un facilitateur technique pour la mise en pratique de ce système d’alerte. Depuis qu’il est opérationnel il n’y a eu aucun problème technique », affirme ce cadre. Qu’en est-il des messages tardifs ? « Avec les milliers de SMS qui sont échangés chaque jour, il se peut qu’il y ait une congestion dans le réseau, retardant ainsi les SMS des écoles aux parents », explique-t-il. « Il peut y avoir quelques petites erreurs dans le système mais dans l’ensemble il marche », tente de relativiser un membre du comité de coordination.