Anushka Virahsawmy de Gender Links, Ashwin Ramenah, Manager de CAEC, l’auteure mauricienne Shenaz Patel et Me Jean-Claude Bibi

« Un combat qui s’adresse à toutes les formes de discrimination, quelles qu’elles soient, au-delà de l’orientation sexuelle d’un individu. » Tel est le cheval de bataille du collectif Arc-en-ciel (CAEC), qui a tenu une conférence de presse hier à Quatre-Bornes. La déclaration de principes relatifs à la prévention des discriminations dans les établissements de nuit a été présentée à cette occasion en présence de la marraine de l’initiative, Shenaz Patel, de Jean-Claude Bibi et d’Anushka Virahsawmy, de Gender Links.

La boîte de nuit Insomnia a signé la charte ainsi que Shotz de Flic-en-Flac. « Un pas en avant » pour les membres de CAEC, qui veulent « promouvoir et encourager des pratiques respectant la diversité de la population mauricienne ». Une déclaration, comprenant un total de six engagements, qui devrait être signée et affi chée dans tous les établissements de nuit de l’île, gage que « personne ne sera discriminé en raison de son orientation sexuelle ou de sa couleur de peau », entre autres. Du moins, c’est ce qu’espèrent les membres de CAEC. « Nous avons bon espoir que tous les établissements signeront cette charte et nous sommes actuellement en discussion avec L’Association of Night Clubs and Private Club Owners », a souligné Ashwin Ramenah, Manager de CAEC.

En effet, cette charte, qui a été rédigée en un mois avec l’aide de l’auteure mauricienne Shenaz Patel, fait suite au cas de Jordan, un jeune homme homosexuel qui s’était fait refouler à l’entrée d’une boîte de nuit du Nord en raison de son orientation sexuelle. « Après un long combat et avec l’aide de notre homme de loi, Me Jean- Claude Bibi, nous avons pu régler cette affaire à l’amiable, et c’est à ce moment précis que nous avons décidé de rédiger cette charte pour qu’il n’y ait plus jamais ce genre de cas », a déclaré Ashwin Ramenah. Anushka Virahsawmy, de Gender Links, a pour sa part réitéré son soutien au CAEC, précisant que ce combat concerne tous ceux discriminés.

« Nous fêtons les 70 ans de la Déclaration universelle des droits humains cette année et il est inadmissible de voir ce genre de cas », dit-elle. Shenaz Patel, marraine de la charte, a elle aussi souligné l’importance de ce combat, qu’elle juge « essentiel ». Elle poursuit : « J’aimerais cependant que l’on arrête de parler de “courage” lorsqu’on parle de ces personnes qui viennent dénoncer ces actes. Il faudrait que cela devienne “normal”.

C’est un droit fondamental », a-t-elle avancé. Par ailleurs, parmi les six engagements, le CAEC demande aussi aux employeurs de « permettre l’embauche de tout individu sans discrimination par rapport à son âge (sauf dans la mesure prévue de la loi), sa caste, sa couleur, ses croyances, son origine ethnique, son handicap, sa situation matrimoniale, ses origines, ses opinions politiques, son sexe, son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression de genre ».