Le combat de l’Association of Retired Workers of the Sugar Industry (ARWSI) fait l’actualité depuis 2009, au moment où la Sugar Industry Pension Fund (SIPF) devait cesser de payer le annual increment et un bonus annuel que les pensionnés comptaient en 13e mois depuis 18 ans. Pour dénoncer ce nouvel « oubli » du budget de Xavier-Luc Duval et avertir le pays du « drame humain », ils se rassemblent au Plaza ce samedi 24 novembre.
« Je connais des retraités de l’industrie qui rasent les murs », confie Gérard Bax de l’Association of Retired Workers of the Sugar Industry. Et pour cause, depuis 2009, le Sugar Industry Pension Fund n’est plus assez résilient pour soutenir un annual increment et un bonus annuel, correspondant au 13e mois. M. Bax évoque le « drame humain » qui concerne plus de 6 400 retraités happés dans la spirale d’un concours de circonstance qui ne pouvait être prévu. Gérard Bax cite le voluntary retirement scheme – donc, l’interruption de la contribution de certains travailleurs qui aurait sapé la solidité du Fonds – et la crise mondiale de 2008. Au final, c’est le pouvoir d’achat des retraités qui s’en trouve brimé.
« On ne peut pas parler d’irrégularité », affirme M. Bax, balayant par là même les transactions actuarielles liées à la création de Novilis – firme créée par le Fonds afin de vendre ses services financiers au privé et d’ainsi renflouer la caisse – et à l’échec avéré de l’entreprise. Et même si, comme signalé dans un communiqué de l’ARWSI, le SIPF se permet toujours de « renover les bureaux » et d’entretenir les frais de berlines de luxe, il n’en demeure pas moins que « la bonne foi » du Fonds n’est pas remise en cause. Mais voilà, comme c’est le cas depuis la crise financière internationale, certaines dépenses d’entreprise ne témoignent pas de « retenue ». Ce qui semble poser problème dans la « perception ». Et la pilule ne passe pas.
Ce désarroi, tant « économique » que « moral », aura fait l’objet de maintes tentatives, rassemblements pacifiques, et consultations avec des ministres ou des Permanent Private Secretary. « On a connu trois ministres des Finances depuis 2009 ». C’est ainsi qu’un nouveau document a été soumis à Xavier-Luc Duval par un groupe d’ancien PROs de l’industrie sucrière dans le cadre des consultations budgétaires. Il s’agissait pour ces retraités de rappeler certains « engagements sociaux » pour le bien-être de ces retraités « qui ont tant contribué au pays ». Et ce, malgré la crise. Un « rassemblement du collectif des retraités » organisé par l’ARWSI est prévu au Plaza demain à 10 h 30 afin de revendiquer « le droit de ces retraités à un treizième mois et un ajustement de leurs pensions annuellement ». « Il n’est pas interdit de solliciter tous les retraités du secteur privé, car beaucoup sont dans de grosses difficultés n’ayant pas reçu d’ajustement de leurs pensions depuis longtemps », soutient M. Bax.
L’ARWSI milite également afin que certains amendements soient apportés à l’Acte de parlement de 1955 qui légitimise la SIPF. En outre, cette loi prévoit que 1) le Fonds soit géré par un board des employeurs l’industrie, 2) qu’il ne doit reverser une allocation que lorsqu’il est en mesure de payer – c’est-à-dire, dépendant de la solidité du Fonds. « Mais avec les réformes sucrières, on ne sait plus trop ce que sont devenus les employeurs, résume Gérard Bax. Les choses ont changé et avec les fusions et la disparition de certaines propriétés, les frais de gestion supposément encourus par les employeurs ont été transférés aux contributions des retraités. Mais aussi, nous voulons plus de transparence. “Être en mesure de payer” reste une notion vague… »
Parmi les suggestions qui avaient été remises à Xavier-Luc Duval, on note : 1) que le Fonds soit géré par un board comprenant le gouvernement, les employeurs ainsi que les employés, et 2) un alignement sur le coût de la vie. M. Bax tient à réitérer le fait que l’ARWSI ne pointe pas des « irrégularités » mais il s’agit d’un mouvement qui « milite afin qu’il y ait une solution à ce drame humain ».