Le collectif STOP Zot Bizin Rann Nou Kont a pour objectif de rappeler à nos dirigeants qu’ils ne sont que les dépositaires et les garants de nos votes, de nos droits, de nos libertés et non les propriétaires. Ils ont des comptes à nous rendre.
Il y a d’abord notre liberté d’expression. Puis notre liberté légitime de pouvoir manifester pacifiquement et, entre autres, le droit de faire une grève pour dire « NON » contre leurs décisions.
A Maurice, la Public Gathering Act (PGA), l’Employment Rights Act (ERiA), l’Employment Relations Act (EReA), la loi criminelle de diffamation (ref : « ‘Criminal Code’, Section 288), ainsi que certaines décisions restrictives de notre Commissaire de Police, distillent insidieusement une culture d’impunité, en entravant la démarche des citoyens à manifester pacifiquement sous peine d’arrestation et/ou de poursuite, en rendant l’exercice du droit de grève impossible dans la pratique, en refusant d’instituer des enquêtes indépendantes sur les allégations d’abus de pouvoir, de brutalité policière et de torture, et en facilitant, dans les entreprises, le licenciement abusif des protestataires.
Cette culture d’impunité se manifeste lorsque ceux ayant un quelconque poste de responsabilité (c-à-dr, le pouvoir) oeuvrent en sachant qu’ils ne seront probablement pas tenus responsables de leurs actes et que personne ne pourra jamais réclamer des comptes au pouvoir.
Or, il est désormais clairement établi que, dans l’intérêt général, au nom de la transparence, de la bonne gouvernance et de la démocratie, les responsables publics (politiciens, fonctionnaires, juges, chefs d’entreprise et même journalistes, entre autres) doivent davantage être sous les projecteurs de la critique publique que les individus anonymes.
Alors que persiste chez nous cette culture d’impunité, partout ailleurs dans le monde, le peuple réclame davantage de démocratie, de transparence, de « redevabilité » (« accountability »), et de comptes à leurs dirigeants. Le Printemps Arabe et le mouvement « Occupy » en sont des exemples. Ces manifestations populaires ont pour cause le manque de libertés individuelles et publiques, la corruption, l’inégalité sociale et la misère, entre autres.
Quand la société civile ne réclame pas des comptes à ses dirigeants, petit à petit s’installe dans le pays une dégradation sociale généralisée au détriment de l’intégrité personnelle et professionnelle, de la moralité publique, de la méritocratie, du civisme, des droits humains, de l’égalité des genres, du mauricianisme et de la démocratie.
Sur le plan individuel, l’impunité réduit les citoyens au silence, parce que les crimes ne font l’objet d’aucune enquête indépendante.
Dans la société les citoyens ont peur de dénoncer les crimes et de revendiquer leurs droits.
Au niveau national, les institutions se mettent aux ordres des puissants du jour ; il n’y a pas de contre-pouvoir et même certains journalistes ont peur (sans l’avouer).
Au niveau international, cette culture d’impunité devient le moteur de la course aux profits injustifiés aux dépens des droits humains qui régressent.
En 1981 le mouvement Action Civique (aujourd’hui disparu) a rappelé les qualités d’un gouvernement idéal : Transparence, Méritocratie, Intégrité, Liberté d’expression, Dialogue social, et « Redevabilité » au peuple.