La 2e conférence sur la toxicomanie et l’importance des mesures de réduction de risques, initiée par le Collectif Urgence Toxida (CUT), se tiendra du 20 au 22 septembre au centre de conférences de Mer-Rouge. Pour ce nouvel exercice, les acteurs engagés dans cette lutte souhaitent mettre l’accent sur la nécessité d’orienter les services et prestations existants afin d’atteindre un plus grand nombre de bénéficiaires. Le thème en est d’ailleurs « Towards a client-centered approach ». Autre nouveauté : plusieurs intervenants étrangers participeront à cette conférence.
Pour Nathalie Rose, coordinatrice de CUT, « la première conférence de 2009 faisait office d’état des lieux de la toxicomanie ; ses conséquences auprès de ses victimes et la nécessité d’avoir des mesures de réduction de risques afin d’enrayer l’épidémie de sida. Il est évident que, pour la deuxième conférence, les données sont autres. » La conférence de 2009 était également la toute première depuis plusieurs années à avoir abordé ce domaine. N. Rose ajoute : « Dans le sillage de la première conférence, nombre de choses ont été mises en chantier et réalisées. Évidemment, comme on a affaire à des individualités, il y aura toujours des choses à faire pour améliorer ce qu’on offre ! »
De ce fait, durant les trois jours que durera la conférence, les Mauriciens engagés dans la lutte contre la toxicomanie et le sida, à savoir les travailleurs sociaux oeuvrant auprès de différentes Ongs, seront épaulés par des intervenants étrangers, invités à partager leur savoir-faire et leur expérience du terrain. Le but, explique N. Rose, « est d’arriver à cerner les moyens pouvant nous aider à atteindre le plus grand nombre de bénéficiaires ». Elle poursuit : « Nous avons les différents programmes de réductions des risques : la méthadone, l’échange de seringues… Or, tous les toxicomanes actifs ne sont pas touchés par ces programmes. L’idée est d’arriver à atteindre le plus grand nombre afin de rendre plus efficace les programmes de réduction de risques. »
Pour ce faire, CUT a initié une démarche sortant des sentiers battus afin de toucher les bénéficiaires concernés, « dans le but de leur expliquer comment nous avons besoin de leur participation dans le cadre de la conférence », explique Anupah Makoond, coordinatrice de la conférence. « Du pur Outreach programme donc », note N. Rose. L’objectif de CUT, via cette démarche, est « de permettre, d’une part, aux bénéficiaires d’avoir leur espace de parole dans le cadre de la conférence, et de l’autre, de recenser les zones à problèmes, identifier les difficultés que rencontrent ces personnes ; s’ils demandent que les heures des programmes soient étendues, par exemple. »
Si dans un premier temps, explique A. Makoond, « les bénéficiaires approchés étaient très enthousiastes, peu à peu, on a noté un certain relâchement, pour ne pas dire, leur absence des rencontres. » Un résultat que Nathalie Rose explique par le fait que « les toxicomanes actifs sont dans l’illégalité. Et ils craignent qu’en venant de l’avant pour parler de leurs griefs, ils se fassent prendre par les policiers. » Qu’à cela ne tienne, CUT ne baisse pas les bras. « Notre conférence aura pour but de trouver de meilleurs moyens pour permettre à davantage de bénéficiaires d’avoir accès à ces services et prestations. » Anupah Makoond résume : « S’ils ne peuvent pas venir à nous, nous irons vers eux ! »
La deuxième conférence de CUT s’apparente beaucoup au colloque VIH & Sida océan Indien, parrainé par la COI et qui se tient chaque année dans les différentes îles de la région. Dans sa forme et sa formule, avec des ateliers axés autour de thématiques spécifiques, animés par des intervenants oeuvrant au sein d’organismes spécialisés étrangers.
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