Les commerçants font entendre leur voix pour dénoncer la hausse des “Trade Fees”, payables à partir de ce mois-ci. Lundi, une manifestation est prévue devant l’hôtel du gouvernement pour contester cette hausse jugée « non nécessaire ». Pour certains commerçants, cette hausse est une « stratégie politique », un « cadeau empoisonné » aux municipalités, dont la majorité sont gérées par des membres du MMM. Les commerçants jureront un affidavit cet après-midi en ce sens.
« Avec cette augmentation, ce sont les consommateurs qui paieront le prix fort », soutient Ismed Abdoulah, secrétaire du Front commun des commerçants de l’Ile Maurice (FCCIM), commentant ainsi la hausse des “trade fees” exigés aux commerçants. D’ailleurs, précise ce dernier, « ce n’est pas le “trade fee” que nous contestons, mais cette augmentation inexpliquée imposée aux commerçants ». Dans certains cas, le FCCIM enregistre une hausse de 100%. Laval Savreemootoo, président de l’association des agents immobilier, est de cet avis. Regroupant une trentaine d’agences immobilières, il soutient que les opérateurs de ce secteur font partie de ceux qui paieront le prix fort. Une hausse de 100% leur a été imposée. « Auparavant, nous payons Rs 10 000 pour nos activités. Désormais, il faudra compter le double », soutient-il. Même son de cloche du côté de la Mauritius Shop Owners Association. Son président, Santosh Ramnauth, évoque le paiement supplémentaire de Rs 3 000 à Rs 4 000 pour les retailers vendant également des boissons alcoolisées.
Pour les commerçants, cette hausse est « un couteau sous la gorge ». Avec la crise financière, ils déplorent la manière de faire des autorités. « Cette augmentation, nous en avons pris connaissance en décembre par la presse. Nous ne nous sommes même pas conditionnés à cela », lance le FCCIM. Du côté des agents immobiliers, M. Savreemootoo indique que « c’est au moment de passer à la caisse que les choses se sont précisées et que les membres de mon association ont pris conscience de cette hausse exagérée ».
Enjeu politique
Du côté des municipalités, la proposition d’une augmentation des “trade fees” n’a pas dérangé les maires. Cependant, du côté des commerçants, on estime que cette hausse unilatérale pourrait avoir un enjeu… politique. « La majorité des mairies sont gérées par des membres de l’opposition. Avec cette hausse, ils se retrouvent avec des commerçants en colère sur les bras. Pourtant, ils n’ont pas le choix puisque cette décision vient du ministère des Administrations régionales. Ils doivent suivre le mot d’ordre », soutient notre interlocuteur, avant d’indiquer que la hausse des “trade fees” influencera le prix pratiqué sur la vente de plusieurs items.
Les commerçants refusent de passer à la caisse pour diverses raisons. Tout d’abord, ils reprochent aux autorités de n’avoir pas assuré la survie des commerces en ces temps de crise financière. Ils fustigent aussi le laisser-aller des autorités quant aux activités des marchands ambulants. « Nous avons espéré renflouer nos caisses durant le mois de décembre pour rattraper notre déficit financier d’une année. Mais, malheureusement, les marchands ambulants, venus de différentes régions du pays, ont reçu la bénédiction des autorités et ont opéré sans problème, ce qui a contribué au “dépouillement” des commerces de l’île », dit-il. Les commerçants estiment principalement que ce sont les événements ayant précédé cette augmentation qui ont nourri la colère des commerçants. « Nous avons envoyé des lettres de protestation, non seulement aux municipalités mais aussi au ministère des Administrations régionales et au ministère des Finances. Mais sans succès », soutient le FCCIM.
Raison pour laquelle les commerçants ainsi que tous ceux touchés par cette hausse se sont regroupés sous une seule plateforme pour contester cette mesure. « Si tous nos papiers sont prêts, nous jurerons un affidavit cet après-midi », soutient Santosh Ramnauth. A noter qu’une manifestation pacifique est également prévue lundi devant l’hôtel du gouvernement.