Dès la deuxième semaine de ce dernier trimestre, les élèves de SC et de Upper VI dans les collèges d’État ont commencé à s’absenter de l’école. La situation s’est nettement aggravée durant la semaine écoulée et est devenue le sujet de conversation principal dans les staff rooms. Il y a eu, ces derniers jours, 80% d’absences en Form V et plus de 90% en Upper VI. Quant aux élèves de 3rd Year, la plupart ne sont pas présents en classe depuis le début de l’année.
« Ce n’est guère encourageant de se retrouver face à des murs quand on arrive en classe chaque matin », disent des enseignants. En constatant que les classes se vident graduellement et que les rares élèves présents boudent les classes d’éducation physique et celles consacrées à l’activity period, des recteurs ont pris l’initiative de proposer certains jours un « compressed time-table » dans lequel figurent en priorité les matières principales et les autres besoins des élèves. Cette démarche s’est toutefois révélée vaine, car le ministère a donné des directives aux recteurs des collèges d’État et du privé de ne pas accorder de “vacation leave” aux enseignants durant le troisième trimestre, sauf en cas de force majeure.
Comment alors faire revenir les jeunes à l’école ?? « Il faut appliquer les règlements annoncés concernant la subvention de l’État pour les frais d’examens de SC et de HSC », lance Ali Yaroo, président de l’Education Officers Union, en direction du ministère de l’Éducation. « Si le ministère ne donne pas un signal fort, la situation perdurera l’année prochaine. Les élèves en Form IV et en Lower VI cette année vont imiter leurs aînés », croit le syndicaliste. Plusieurs enseignants et recteurs affirment que cette question d’absentéisme aigu d’élèves de SC/HSC est devenue un problème préoccupant affectant la vie de l’école. Ils sont donc sévères envers les responsables du ministère de l’Éducation à ce sujet. « Le ministre et ses proches collaborateurs auraient dû consacrer leur énergie à trouver des solutions réalistes pour régler ce problème plutôt que de hasarder dans des réformes qui risquent de faire beaucoup plus de mal que de bien aux écoles mauriciennes », pensent nos interlocuteurs.