Il y a dix ans, une trentaine de Supply Teachers exerçaient dans les collèges d’État, leur service étant requis surtout pour remplacer les enseignants en  “vacation leave”. Mais le nombre de contractuels dans le secondaire d’État a beaucoup grossi au fil des années pour atteindre environ 300. Il y aurait autant de postes d’Educators vacants dans ce secteur pour plusieurs raisons. Si la formule de « Supply Teachers » pour pallier le manque sied au ministère de l’Éducation, en revanche, selon des recteurs et des enseignants, elle « dérange » le système. Le contractuel peut quitter le service à n’importe quel moment dès qu’il obtient une meilleure offre ailleurs et les fréquents départs provoquent une situation instable dans la classe. L’option de « Supply Teachers » a été soulevée par les syndicats lors des réunions du Transfer Commitee au ministère en décembre dernier.
Dans des cas de “vacation leaves”, il est beaucoup mieux, selon des recteurs, d’avoir recours aux contractuels pour les remplacements au lieu de demander aux enseignants de remplacer temporairement leur collègue absent dans un autre établissement. Mais ils ne sont pas d’accords, de même que les syndicats d’enseignants, que le ministère fasse appel aux temporaires pour les postes qui sont vacants et qui figurent déjà sur la liste officielle de la fonction publique. « S’il y avait une planification de la part des responsables du ministère, on ne serait pas retrouvé avec autant de postes vacants. Le ministère aurait dû faire son “home work” et découvrir alors que la formule “Supply Teachers” ne convient pas à tous les coups », dit avec agacement Ally Yearoo, président de l’Education Officers Union.
Selon des participants à une réunion du Transfer Committee concernant le secondaire d’Etat au mois de décembre, le ministère a avancé un nombre de 280 vacances au poste d’Educator Secondary. Celles-ci sont dues aux départs à la retraite et aux exercices de promotion aux postes de Deputy Rector, de Qualify Assurance Officer et de Senior Educator. « Il y a entre 10 et 15 postes d’enseignants vacants dans chaque collège », selon les dirigeants du syndicat des recteurs. « Vers la fin de l’année dernière, une cinquantaine de Deputy Rectors ont été confirmés dans leurs nouvelles fonctions et au moins une trentaine d’enseignants ont été promus Senior Education Officers. Sans compter le nombre de collègues qui sont partis à la retraite ces dernières années. Si on veut améliorer le service, on ne peut continuer à faire appel aux temporaires. Ces derniers rendent un grand service, mais dès qu’ils obtiennent un poste permanent ailleurs, ils s’en vont. Cette formule dérange », affirme le président de l’Education Officers Union. D’autres profs abondent dans la même direction et affirment que les départs des contractuels en milieu d’année scolaire créent « beaucoup d’instabilité » et « perturbent le bon déroulement » du curriculum. « Les changements fréquents de Supply Teachers découragent les élèves à venir à l’école », estime un Senior Educator.
Mais il y a aussi des Supply Teachers qui sont dans le service depuis au moins… cinq ans. Et des recteurs interpellent le ministère sur le cas de ces « temporaires de longue durée ». Pourtant, certains d’entre eux ont déjà fait acte de candidature plus d’une fois pour des postes permanents d’enseignants, mais n’ont pas été retenus par la Public Service Commission. « Je suis perplexe sur le fait que ces personnes, qui ont l’expérience du métier, n’arrivent à convaincre le panel d’intervieweurs », dit un recteur.
Dans les milieux du ministère de l’Education, certains avancent l’argument de contraintes budgétaires pour expliquer ce choix pour les « temporaires ». Selon d’autres interlocuteurs, le ministère envisage de recruter durant l’année un nombre conséquent d’enseignants permanents pour ses collèges, mais attendrait les recommandations du prochain rapport du Pay Research Bureau avant de le faire.