Les deux principaux syndicats des profs du secondaire d’État se livreraient-ils à une tentative de débauchage des membres ces jours-ci ? « We appeal to you not to succumb to solicitation made by certain persons with obscure motives, to join another union. The EOU with its 1 440 members is the only Union to stand by your side », dit l’Education Officers Union dans une récente newsletter à ses membres. « Le débauchage est interdit par la loi. Les profs sont libres de leur appartenance syndicale mais dans le respect des règlements », réplique Vikash Ramdonee, président de la Government Secondary Schools Teachers Union.
Il y a trois syndicats de profs dans le secondaire d’État mais valeur du jour, seules l’EOU et la GSSTU sont reconnues par le ministère de l’Education. La priorité de la nouvelle direction de l’Education Officers Union, en place depuis le mois dernier — avec le retrait pour raisons de santé de Ally Yearoo, ancien président —, est de rassurer ses membres que leur syndicat « est bel et bien fonctionnel et qu’il n’y a aucun désistement au sein de la troupe ». « Stay united with your Union and do not allow certain people to stir things up among educators, as this will be very detrimental to us », soutient l’EOU dans cette newsletter mais sans donner les noms de ceux qui seraient en train de pratiquer le débauchage. « It is obvious that the ministry will take advantage of this situation and make things more difficult for every one of us ».
Pourquoi cette démarche de la direction de l’EOU ? « Depuis quelque temps, il y a un autre syndicat qui est en train de semer de la zizanie en faisant croire à nos membres que l’EOU ne peut plus défendre leurs intérêts. Ils tentent d’encourager nos membres à nous quitter. Or notre syndicat est très stable », répond au Mauricien Hansraj Behary Paray, le président.
De leur côté, les responsables de la GSSTU soulignent que le débauchage des membres « est quelque chose de très grave et interdit par la loi ». « Dans le passé nous avons été victimes nous aussi de débauchage. Nous n’obligeons personne à venir chez nous », affirme le président de cette instance syndicale. Selon ce dernier, depuis 2013, la loi ne permet plus d’être membre de deux syndicats en même temps et de ce fait, explique-t-il, si un membre d’un autre syndicat veut rejoindre le sien, cette personne devra obligatoirement quitter l’autre syndicat et suivre les procédures fixées dans la loi.
Il y a plus de 3 000 profs dans le secondaire d’État et ces deux syndicats affirment chacun de son côté avoir le « plus grand nombre de membres ». « À présent nous avons plus de 1 500 membres et cela veut dire que notre syndicat est crédible. Nous accueillons tous ceux qui veulent nous rejoindre mais nous ne forçons personne dans leur décision », dit Vikash Ramdonee au Mauricien. Selon ce dernier, un dirigeant syndical très connu sillonnerait les collèges depuis quelque temps pour « avoir des nouveaux membres ».