Le taux élevé d’absences des élèves de Form V et Upper VI, pratiquement depuis le début du second trimestre, et que le président de l’Education Officers Union a commenté dans un article paru dans notre édition de jeudi, fait débats. Des parents se disent furieux des critiques émanant des profs et des chefs d’établissements selon lesquelles ils auraient une grande part de responsabilité dans l’aggravation de ce problème, car ils encourageraient leurs enfants à rester à la maison. Ces parents donnent la réplique en soulignant deux faits : le nombre important d’enseignants “on vacation leave” pendant le second trimestre et les difficultés qu’auraient certains remplaçants (généralement des contractuels connus sous l’appellation “supply teachers” sur une base contractuelle) à assurer la suppléance. Des élèves aussi montent au créneau pour déplorer ce qu’ils contatent comme un « manque de “commitment”  » des profs dans leurs responsabilités professionnelles.
« D’après M. Yearoo, les parents toléreraient l’absence de leurs enfants de l’école. Ce n’est pas vrai ! » réagit avec colère une mère de famille dont l’enfant fréquente un National College. « Depuis le début de ce trimestre, j’ai prévenu mon fils, qui est en Form V, que je n’accepterais pas qu’il reste à la maison. J’ai assoupli ma position quand je me suis rendu compte que ses profs, à tour de rôle, sont “on vacation leave” ! Il travaille beaucoup plus en restant à la maison. Les enfants qui disent aux parents “pena profeser dan klas” ne mentent pas », poursuit-elle. Plusieurs parents, de même que quelques élèves, ont fait part au Mauricien hier de leur irritation concernant la question de “vacation leave” des profs pendant le deuxième trimestre. Les parents ne sont pas contre le principe de ce type de congés annuels, auxquels ont droit les enseignants, mais ils protestent contre le “timing” car cette pratique causerait « beaucoup de tort à la qualité » de l’enseignement . « Nous ne comprenons pas comment le ministère peut autoriser plusieurs enseignants dans un même établissement à prendre leur “vacation leave” en même temps », se plaignent ces parents d’élèves.
Outre le “casual leave” et le “sick leave”, un enseignant a droit à 19 jours de congé d’une manière consécutive par an. Toutefois, la loi lui permet d’accumuler ses jours de “vacation leave” sur plusieurs années et prendre ensuite avantage d’un très long “vacation leave”. Le ministère n’autorise cependant pas de “vacation leave” aux enseignants au troisième trimestre, sauf dans des cas exceptionnels.
Le ministère fait appel aux “supply teachers” pour assurer les cours pendant le “vacation leave” d’un enseignant afin que les élèves ne soient pas pénalisés. Mais cette option ne convainc pas pour autant et les élèves sont très critiques à l’égard des remplaçants. « Les “supply teachers” sont gentils et de bonne volonté, mais beaucoup d’entre eux manquent d’expérience. Il leur manque certaines compétences et ils n’arrivent pas à répondre à nos attentes. On se rend compte aussi qu’ils n’ont pas été “briefed” sur les chapitres qu’on a déjà travaillé et de ce qui reste à faire. Zot pa kas latet ar nou parski zot kone ki zot dan lekol zis de-trwa semen selman », témoigne une élève de collège d’Etat régional en présence d’autres amies de classe.
Et pourtant : dans une circulaire envoyée l’an dernier aux écoles, le ministère informait de sa décision de ne plus solliciter le service des “supply teachers” pendant les “vacation leave” en expliquant, dans cette communication, qu’une telle mesure « impact negatively on teaching and learning and indirectly on motivation of students to attend school ». Et le ministère de recommander alors aux chefs d’établissement de « negotiate so that the vacation leave is taken in a period where replacement may not have an adverse effect on teaching and learning ». Mais cette décision de ne plus avoir recours aux contractuels pendant le “vacation leave” n’a pas tenu la route longtemps.
Des élèves en Upper VI d’une National School bien en vue ont choisi de rester à la maison pour « réviser par eux-mêmes » parce qu’ils ont constaté un « manque de “commitment” » de leurs enseignants . « Les profs viennent en classe, mais ils ne sont pas dévoués lorsqu’ils voient qu’il y a seulement cinq ou six élèves. Il n’y a aucune démarche de leur part pour entreprendre une révision collective avec ceux qui sont là. Ils nous disent “faites votre personnal work” et ne sont d’aucune aide lorsque vous leur demandez de vous expliquer tel ou tel aspect d’un chapitre que vous n’avez pas compris. Un prof à qui j’avais demandé une question m’a répondu : “On va voir cela demain.” Avec ce genre d’attitude, on n’est pas encouragé à être présent à l’école », témoignent ces collégiens. Soulignons que le budget de l’éducation secondaire a dépassé plus de Rs 6 milliards.