Longtemps à l’ombre des autres associations, faisant partie de la Fédération des Managers des collèges privés, le Managers of Private Secondary Schools Union (MPSSU) s’est réorganisé pour « mieux se faire entendre » sur plusieurs sujets. En effet, elle conteste ouvertement le nouveau critère d’admissions en Lower VI, logeant en Cour suprême une demande de Judicial Review concernant les “Five credits”. La MPSSU, qui tiendra une conférence de presse demain, constate que la Fédération des Managers  « n’est pas suffisamment proactive » sur plusieurs  problèmes touchant leur secteur. Prendrait-elle ses distances de cette instance?
La MPSSU, créée dans les années 70’ juste après l’introduction de l’éducation gratuite au secondaire, était la première organisation des responsables des collèges privés et regroupait à ses débuts, selon ses premiers membres, tous les collèges privés. C’est lorsque la PSSA a classé les collèges en deux catégories (“Grade A” et “Grade B”) que d’autres associations de managers ont vu le jour.
À ce jour, la Fédération des managers des collèges privés regroupe quatre associations, soit la MPSSU, l’Union of Managers of Private « A » Secondary Schools (UMPASS), une association de collèges catholiques et une association de collèges confessionnels non catholiques. Au total, 80 “grant-aided schools” sont concernées.
Dans le sillage de cette catégorisation, le nombre de membres de la MPSSU avait grandement diminué. « Cette association concernait particulièrement les petits collèges privés », dit-on dans le secteur. « Mais tel ne serait plus le cas aujourd’hui », aux dires de ses dirigeants actuels. En raison des changements dans le secteur du secondaire privé depuis ces dix dernières années, d’anciens membres ont rejoint depuis quelque temps cette association. « La MPSSU regroupe aujourd’hui des collèges de plusieurs niveaux », selon le secrétaire. « Avec l’apport de nouveaux membres, nous avons réorganisé l’association et nous sommes aujourd’hui une équipe solide », affirme Ramparsad Mangar, qui ne manque pas de faire ressortir « l’immense contribution des collèges privés » pour la scolarité des enfants au secondaire. Il annonce de même que « la MPSSU souhaite à nouveau faire entendre sa voix dans l’intérêt des enfants mauriciens et dans celui de l’éducation » en général. « Notre contestation de “Five Credits” en cour va dans cette direction », soutient-il.
La MPSSU, qui évoquera lors de sa conférence de presse, prévue demain, les nouveaux critères d’admissions en Lower VI, constate que la Fédération des managers « n’a pu arriver à une conclusion sur cette question en raison des divergences d’opinions » au sein de cette instance. « Nos membres constatent que la fédération n’a pas eu de position claire et nette sur les “Five Credits” », raison pour laquelle, « après discussions avec nos conseillers légaux, nous avons pris les devants pour loger un cas en cour ». Elle ajoute : « C’est l’avenir des enfants de Maurice qui est concerné. Nous n’avons pas le droit de rester tranquille. »
Outre le contentieux sur les “Five Credits”, la MPSSU voudrait alerter l’opinion publique sur d’autres questions de l’éducation qui seraient d’un intérêt général. « La fédération est quelque peu passive et timide sur plusieurs questions importantes et nos membres souhaitent que la MPSSU prenne certaines initiatives », indique Ramparsad Mungar. C’est ainsi que cette association des managers s’apprête à lancer son site Web et prépare la tenue d’un forum débat pour très bientôt.
La MPSSU voulant se démarquer de la Fédération des managers, envisage-t-elle de prendre ses distances de cette instance ? « Je ne cache pas que l’opinion de la fédération ne reflète pas totalement celle de nos membres. Mais la question d’un éventuel retrait ne se pose pas pour l’heure », répond Ramparsad Mungar. D’autre part, selon nos informations, une autre association affiliée à cette fédération avait songé, il y a quelque temps, à la possibilité de ne plus en faire partie « en raison de ses opinions différentes » sur certains sujets bien spécifiques.