– UPSEE : « Décision choquante de la part de la PSEA et en contradiction avec les déclarations rassurantes du Premier ministre »

Les 200 enseignants du secondaire privé dans l’attente de leurs salaires sont désemparés en prenant connaissance d’une communication de l’Union of Private Secondary Education Employees à ce sujet. Sur sa page Facebook, ce syndicat rapporte une déclaration du directeur de la Private Secondary Education Authority vendredi dernier et selon laquelle le paiement des salaires ne se fera qu’après une enquête au sujet de la participation de ces enseignants aux Online Courses pendant le confinement. « Le directeur de la PSEA serait-il en train de challenge les propos du Premier ministre, qui a affirmé à maintes reprises pendant le confinement que tous les travailleurs obtiendront leurs salaires et que personne ne perdra leur emploi? Il y a eu même déboursement de l’État pour le secteur informel », soutient Bhojparsad Jhugdamby, président de l’UPSEE.

« As per a conversation with the Director of PSEA through a phone conversation in the morning (NDLR : vendredi 15 mai), he is of the opinion that: As he is not sure that many are not caring online classes thus he has to investigate on a case-to-case basis before proceeding to the payment of salaries », écrit l’UPSEE.  Arvind Bhojun, le secrétaire de ce syndicat, se dit « consterné » par de tels propos.

« C’est une attitude aberrante de la part du directeur de la PSEA car tous les stakeholders du secondaire reconnaissent que les conditions ne sont pas encore réunies à Maurice pour une bonne pratique de E-learning et de ce fait nous n’avons pas de pratique standard pour ce type d’enseignement ni de mécanisme de contrôle. C’est maintenant que le directeur de la PSEA va commencer son enquête sur ces 200 enseignants, et sur quoi se basera-t-il pour faire son rapport ? » se déclarent des dirigeants de l’UPSEE, ajoutant avec colère : «  La PSEA, elle-même, a été offline pendant le confinement ! Il y a eu beaucoup de critiques sur le silence de la PSEA pendant le confinement ».

Cette décision de la direction de la PSEA a aussi choqué un grand nombre d’enseignants et des responsables des collèges durant le weekend. « D’après ce qu’a dit, le directeur de la PSEA à l’UPSEE, la participation au E-learning est devenue un critère pour payer les salaires de ces enseignants.  Est-ce que la PSEA peut venir dire avec certitude que tous les employés permanents ayant obtenu leurs salaires du mois d’avril ont tous assuré les cours en ligne et à la satisfaction des autorités ? Est-ce que la PSEA peut affirmer que nous avons donné des cours car nous n’avons soumis jusqu’ici aucun rapport à  notre école ? », se demandent des enseignants ayant plus de vingt ans de service. « C’est injuste envers ces 200 personnes qui ont des responsabilités familiales et qui sont dans l’angoisse par leur situation financière et leur avenir professionnel », font-ils comprendre.

L’UPSEE rassure les enseignants dans l’attente de leurs salaires de son soutien en cette période difficile qu’ils traversent  et affirme que l’obtention de leurs salaires est « la priorité » de ce syndicat. Parallèlement à ses démarches auprès des autorités concernées, l’UPSEE a conseillé à ces enseignants de demander à la direction de leur collège d’envoyer une lettre à la direction de la PSEA pour informer de leur contribution au Online Teaching.

Soulignons que le E-learning concerne particulièrement les élèves de grades 10-13 (Form IV-Upper VI) car le ministère de l’Éducation propose depuis le 6 avril des cours à la télévision pour les élèves des grades 7-9. Or, selon nos informations, même des enseignants non concernés par le E-learning n’ont pas encore obtenu leurs salaires.

L’UPSEE déplore le silence du ministère du Travail quant aux deux précédentes lettres pour informer de ce non-paiement des salaires des enseignants et espère que cette autorité « réagira rapidement » à la nouvelle correspondance qu’elle enverra ce lundi. Ce syndicat en appelle au ministère de l’Éducation pour « rappeler à l’ordre la direction de la PSEA pour son refus de payer des enseignants » qui selon eux «  ont maintenu le lien entre l’école et les élèves ».