Sévèrement blâmé en 2001 dans un rapport d’un Fact Finding Committee sur l’ex- Stratford College alors qu’il en était le principal, Hemcharaz Bundhoo fait parler de lui à nouveau en tant que manager du Royal Holloway College, en raison de ses nouveaux « écarts ». La Private Secondary Schools Authority est en présence de plusieurs plaintes reçues des employés, des parents et des élèves de nature très grave concernant son attitude. Selon nos informations, le propriétaire du collège qui se trouve à l’étranger, averti par la PSSA de la situation tendue dans son établissement, a décidé de « rentrer vite » au pays. Tandis qu’à l’agenda de la prochaine réunion du board de cet organisme figure une motion faite par un de ses membres demandant le « deregistration » du manager.    
Les relations industrielles au Royal Holloway College, situé à Montagne-Blanche, se sont complètement détériorée, au point où les membres du personnel enseignant et non-enseignant font part d’un sentiment de « dégoût » de leur environnement de travail. Selon divers témoignages, l’arrivée de Hemcharaz Bundhoo en 2011 pour occuper le poste de manager a provoqué des « bouleversements » dans l’administration de l’établissement et a généré depuis cette date, une tension au collège, particulièrement au sein du staff room. « Latmosfer-la byen pa bon. Il terrorise le personnel. Comment se fait-il qu’un responsable d’un établissement scolaire puisse avoir un langage vulgaire, un comportement grossier et humilier son staff ? Son attitude est contraire à celui d’un éducateur », dit avec colère un enseignant.
La majorité des plaintes déposées à la PSSA contre le manager concernent des cas de « harassment and victimisation » et les plaignants y ont adjoint des documents pour soutenir les faits qu’ils reprochent à Hemcharaz Bundhoo. Et, ces cas d’intimidation ont conduit à un sentiment de frayeur parmi le personnel. Sur la base de ces plaintes les officiers de la PSSA sont allés enquêter au collège mais les employés ont eu peur de témoigner dans l’enceinte de l’école. « Même si le manager n’était pas présent lors de la visite de la PSSA, il aurait eu vent de tout ce que le personnel aurait dit », explique un enseignant. Cependant, une quinzaine des membres du personnel enseignant et non-enseignant ont préféré se rendre dans les locaux de l’organisme de Beau-Bassin pour donner les détails sur ces cas de « harassement » dans l’exercice de leurs fonctions.
En voici quelques cas : une employée ayant plus de dix ans de service a été licenciée subitement alors qu’elle n’a jamais eu de rapport défavorable sur sa performance et le cas a été référé au ministère du Travail ; une autre a été contrainte de donner sa démission ne pouvant plus subir le « whims and caprices » du manager ; un employé comptant plus de 30 ans de service « is persistently being threatened and harassed ». Le manager aurait aussi fait de « fausses accusations » contre une enseignante à l’assemblée du matin, reprochant à cette dernière d’avoir utilisé un « vulgar language » à l’encontre des élèves. Il y a aussi le cas de cette employée qui a été « forcée » de signer sa lettre de démission et qui a consigné une déposition à ce sujet au poste de police de Quartier-Militaire. Et dans une lettre adressée à cette dernière, le manager allègue que celle-ci souffrirait « from mental disturbance or high depression ». Des employés n’ont pas manqué de faire part de leur indignation au sujet du contenu de cette lettre et ont exprimé leur soutien à ce collègue.
Un autre enseignant ayant plus de 30 ans de métier a été consterné en recevant une lettre du manager dans laquelle celui-ci l’accuse « to provide alcohol drinks to students » et l’informe même d’une enquête à l’école à ce sujet. Devant les protestations véhémentes de cet enseignant qui a menacé de prendre des actions légales estimant que ce ne sont ni plus ni moins que des « faussetés » le manager s’est alors ravisé. Celui-ci a envoyé une nouvelle lettre à cet enseignant pour lui dire « please disregard the letter I have given you. No enquiry against you » ! Il y a aussi cette lettre envoyée au recteur du collège dans laquelle le manager accuse ce dernier de manigancer avec l’UPSEE pour demander la fermeture de l’établissement. Des employés dénoncent aussi « ses propos insultants » et « son ton menaçant » à l’égard du personnel.
Durant ces dix dernières années, plusieurs managers se sont succédé au Royal Holloway College et les plus anciens parmi le personnel soutiennent qu’il n’y a jamais eu de problème au plan de relations industrielles jusqu’à l’arrivée de Hemcharaz Bundhoo. Ce dernier balaie toutefois d’un revers de la main tous les reproches qui lui sont faits et soutient qu’il n’est au courant d’aucune doléance concernant sa gestion de l’établissement faites à la PSSA. « Ce sont des exagérations. Il n’y a aucun problème administratif dans ce collège. Certaines personnes sont en train de dramatiser un ou deux cas isolés. C’est l’UPSEE (Union of Private Secondary Education Employees) qui est en train de faire ces accusations », a répondu M. Bundhoo au Mauricien hier. Il soutient que, depuis son arrivée en 2011, il a « fait des changements pour améliorer l’environnement scolaire et la performance académique ». « J’ai changé l’environnement de travail et les résultats des examens sont à la hausse », affirme-t-il.
Cependant, la PSSA prend ces problèmes de mauvaises relations industrielles au Royal Holloway College au sérieux et a envoyé plusieurs lettres à son manager lui demandant des explications relatives aux doléances du personnel. Elle lui a rappelé par là même les règlements concernant le fonctionnement d’un établissement. « Il nie tous les faits et ignore complètement les rappels à l’ordre de la PSSA », dit un officier qui ajoute que le ministère de l’Éducation a été informé de la situation et que certains cas ont été référé au ministère du Travail. L’organisme de contrôle du secondaire privé a aussi informé le propriétaire du collège de Montagne-Blanche, qui se trouve à l’étranger, des problèmes dans son établissement. Ce dernier, selon nos informations, rentre incessamment au pays et des employés du collège qui attendent eux aussi impatiemment son retour souhaitent qu’il soit back to business le plus vite possible, dans l’intérêt, selon eux, de l’établissement.
Le représentant de l’UPSEE au sein du conseil d’administration de la PSSA a déposé de son côté une motion demandant le « deregistration » de Hemcharaz Bundhoo « due to severe and persistent industrial relations at the Royal holloway College ».