Les désaccords au sein de l’exécutif de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) — principal syndicat dans ce secteur — ne sont plus un secret pour les membres. Une des divergences aurait trait au leadership, devenu sujet de conversation dans les collèges depuis la rentrée du troisième trimestre. L’annulation de la manifestation annoncée par ce syndicat contre les « five credits » en Lower VI serait en lien avec ces désaccords parmi les dirigeants.
L’annulation de la manifestation n’aurait pas surpris plusieurs membres de l’UPSEE. Selon eux, le renvoi serait lié aux divergences au niveau de la direction du syndicat. « Depuis quelque temps déjà, certaines prises de position du président mettent mal à l’aise plusieurs personnes dans l’exécutif. Il est aussi absent sur le terrain. Pa ti pou gagn bokou dimounn dan sa manif-la », affirment des profs, membres de ce syndicat depuis 30 ans.
Mais Yayah Paraouty, président de l’UPSEE, avance une autre raison pour expliquer l’annulation de la manifestation. Il explique que l’UPSEE n’a plus le soutien de certaines organisations, qui auraient dans le passé exprimé un intérêt pour participer à cette manifestation. Dans ce contexte, il cite le syndicat du personnel des collèges confessionnels (SPSTSU), la Fédération des managers des collèges privés et des partis de l’opposition. « Nous avons contacté ces organisations-là et, au départ, elles étaient d’accord. Par la suite il n’y a pas eu de réponse positive », soutient le président de l’UPSEE au Mauricien. Yayah Paraouty souligne que la décision d’organiser cette manifestation a été prise au niveau de l’exécutif et a été ratifiée par l’assemblée de délégués. « La manifestation est une décision collective », relève-t-il.
Yayah Paraouty, qui est à la direction de l’UPSEE depuis une longue période, dit bénéficier toujours d’un « large soutien de ses membres », et ce tant au niveau de l’exécutif que dans les écoles. « Mo pena okenn “feeling” ki ena mekontantma lor mo leadership. Il n’y a aucun désaccord au niveau de l’exécutif », assure-t-il sur un ton catégorique. Yayah Paraouty ajoute qu’il organise des réunions de délégués régulièrement et « qu’à aucun moment » les représentants des membres à travers l’île lui auraient fait part d’un quelconque mécontentement.
Cependant, un autre son de cloche résonne parmi des membres qui connaissent le fonctionnement du syndicat. « On reconnaît la contribution de Yayah Paraouty au sein de l’UPSEE mais on ne le suit plus aujourd’hui », confient quelques profs. « Il sait qu’il n’a plus le soutien de beaucoup de membres car il est confronté à certains désaccords sur sa manière de gérer le syndicat. »
D’autre part, s’agissant de la contestation entourant les “five credits”, des dirigeants de l’UPSEE suivent « avec beaucoup d’intérêt », disent-ils, la demande d’une “judicial review” logée en Cour suprême par une association de managers de collèges privés. D’ailleurs, l’affidavit logé par le plaignant en cour est largement répercuté dans les collèges. « Nous soutenons la démarche de ce groupe de managers et nos membres sont au courant du contenu de l’affidavit », confirment nos interlocuteurs.