Il y a d’un côté des collèges secondaires privés subventionnés qui se plaignent souvent de ressources financières insuffisantes pour pouvoir apporter des innovations coûteuses. De l’autre, des institutions payantes qui veulent bénéficier d’une aide financière gouvernementale au même titre que la Doha Secondary school dont le nom vient d’être ajoutée à la liste des “fully grant aided colleges”. Le budget annuel de la PSSA a déjà dépassé les Rs 3,3 milliards dont 98% engloutis pour les collèges (grants et salaires/benefits des employés), le reste servant au fonctionnement de cet organisme.
Cette subvention à la Doha Secondary School fait jaser. Sadek Polin, son manager, tente de convaincre que ce sont les difficultés financières de l’école et le souci envers les pauvres qui ont ému le Premier ministre lors de sa visite à l’école en janvier 2012 pour une prize giving ceremony. Mais les professionnels dans les milieux du secondaire et les observateurs de la vie politique ont un autre avis. « Cette subvention accordée à Doha est une décision purement politique où il n’y a pas de logique. Comment expliquer que ce soit dans un meeting politique en décembre que des politiciens du Parti travailliste choisissent de communiquer la nouvelle alors que la PSSA était toujours dans l’ignorance », dit un recteur d’un collège d’État. « Doha a obtenu une loterie ! » soutient ce recteur.
En tout cas, la PSSA, l’organisme de contrôle du secondaire privé, est très mal à l’aise sur la question mais elle ne peut contester une décision du Cabinet. « Dans l’ensemble la PSSA est assez réticente et ce n’est pas de gaieté de coeur qu’elle a accepté cette décision du gouvernement », confie un employé.
Au sein de l’organisme, on n’hésite pas à utiliser le terme « boycott » pour expliquer l’absence de six des 13 membres du conseil d’administration lors d’une réunion le 3 avril dernier pour avaliser la décision prise par le gouvernement pour l’octroi des grants à Doha. Mis au courant d’un éventuel manque de quorum pour cette réunion, celle-ci a été repoussée en fin d’après-midi, donnant le temps au ministère de l’Éducation de s’assurer à ce que les représentants des institutions gouvernementales y soit présents.
Le manager de Doha affirme au Mauricien (voir plus loin) que la direction de cet établissement n’est engagée dans aucun autre projet éducatif. Néanmoins on relève un lien entre cet établissement et le Thanacody College, collège privé subventionné  situé à Souillac car les deux institutions ont pour manager Sadek Ally Polin, comme l’indique le site web de la PSSA.
Les déboursements du gouvernement pour subventionner 90 collèges privés ont atteint Rs 3 milliards. Les salaires/autres benefits du personnel enseignant et non-enseignant avalent 80% de ce montant et le reste va à la Comprehensive Grant Formula, qui comprend plusieurs éléments. Un “grand college” offrant toutes les facilités pédagogiques et récréatives obtient ainsi plus de Rs 800 000 mensuellement. « Ce sont les collèges qui ont investi pour améliorer la qualité de leur projet éducatif qui obtiennent le plus de grants », fait remarquer un supervisor de la PSSA.
Des collèges payants faisant face à de sérieuses difficultés financières ne sont pas insensibles à la Comprehensive Grant Formula et tentent leurs chances depuis le début de l’année auprès du gouvernement.
Puisque le GM est venu au secours de la Doha Secondary School pour une durée indéterminée cela veut dire que l’État a la capacité de débourser. Et si le ministère de l’Éducation montrait le même empressement envers les special needs schools qui doivent quémander année après année pour s’occuper de leurs protégés ?