Se tient, à compter d’aujourd’hui, mercredi 13 novembre, jusqu’au vendredi 15, le 12e Colloque VIH & Sida de l’océan Indien. Un rendez-vous annuel pour les pays de la région depuis 2002. Officiant à l’ouverture du colloque, ce matin, à l’hôtel Intercontinental de Balaclava, le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo a admis que « à ce jour, une véritable occasion de changer le cours de l’épidémie du sida existe, dans la mesure où on reconnaît que la prévention, le traitement et les soins sont fortement liés ».
Symbole de la lutte contre le Vih à Maurice et directeur de PILS, Nicolas Ritter devait, d’entrée de jeu, signaler que « il suffisait de peu pour que le colloque n’ait pas lieu, cette année, les ressources financières faisant défaut… » Il a tenu à saluer le ministère de la Santé qui « en un délai très court, a tout mis en oeuvre pour que ce colloque voit le jour ! »
Rappelant que la prévalence, pour Maurice, « a été revue et son estimation, chez les plus de 15 ans, est à 1, 02%, en 2013 », Lormus Bundhoo est revenu sur le fait que notre pays a connu « une croissance exponentielle de 2003 à 2005, avec la majorité des cas enregistrés parmi les Usagers de drogues injectables (UDI). » Face à cette situation, « qui s’annonçait catastrophique », devait souligner M. Bundhoo, « le gouvernement a pris des mesures audacieuses et courageuses, en matière de Réduction de Risques (RdR). Dans le même souffle, le National AIDS Secretariat (NAS) a été créé ».
Ces mesures ont certes, porté leurs fruits, devait encore relever le ministre de la Santé, citant les chiffres suivants : 401 cas en 2011 ; 321 en 2012 « en comparaison avec la moyenne d’environ 540 cas ; annuellement, pour les six années précédentes, et un pic de 925 cas en 2005. » Pour Lormus Bundhoo, « cette tendance à la baisse se maintient, car de janvier à septembre 2013, 188 cas ont été enregistrés, indiquant une baisse de l’incidence ».
Faisant ressortir que le monde passe actuellement par une crise économique sans précédent, le ministre de la Santé devait lancer un appel pour que l’actuel colloque, dont la thématique arrêtée est « Redynamisons la riposte », soit une plateforme pour tous les acteurs présents des pays de la région de trouver, ensemble, « de meilleurs moyens pour répondre à la maladie ».
C’est dans ce même esprit que la professeure Catherine Gaud, présidente de RIVE Océan Indien et membre fondatrice du colloque VIH océan Indien, devait, elle aussi, intervenir : « Donnons un sens à notre lutte ! La coopération régionale s’est beaucoup structurée depuis 1987, quand presque tous les pays de cette région identifiaient leurs premiers cas de personnes atteintes du sida. » Mme Gaud, l’une des premières instigatrices du colloque régional sur le sida et chef de service d’immunologie clinique du CHU de l’hôpital de Belle-Pierre, à l’île de la Réunion, a continué, en mentionnant que « même si beaucoup de progrès a été réalisé, sur différents plans, en ces 26 dernières années, des problèmes comme la pénurie des anti-rétroviraux, perdurent toujours ! »
Catherine Gaud devait également faire ressortir que « sans maison, sans nourriture, la PVVIH (Personne vivant avec le VIH) ne pense pas à prendre ses anti-rétroviraux ! C’est dans cette perspective qu’il nous faut avoir une réponse globale ; ce que, pour l’heure, nous n’avons pas ! »
Nicolas Ritter devait souhaiter que « le partenariat avec les acteurs de la lutte soit consolidé ». Fatoumia Ali Bazi, de la Commission de l’océan Indien, parlant au nom du secrétaire général, devait proposer que le colloque se tienne chaque deux ans, au lieu de chaque année.