Après les festivités de fin d’année, la police et les inspecteurs municipaux ont décidé de mettre en application l’ordre de la Cour suprême interdisant toute activité de colporteur dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. En effet, depuis ce matin, les marchands ambulants de la Gare du Nord sont interdits d’activités. En attendant la livraison des sites de relogement, ils espèrent relancer le dialogue avec les autorités compétentes pour qu’ils puissent travailler en toute liberté.
« Depuis ce matin, nous n’avons pas le droit d’écouler nos produits. Les policiers sont de nouveau présents et ils nous empêchent de travailler. La situation est redevenue la même qu’au 1er décembre », explique Daven Appiah, colporteur opérant à la Gare du Nord. Membre du Front Commun des Marchands Ambulants, il laisse entendre que les colporteurs réitèrent leur demande pour le dialogue afin de trouver un consensus en attendant la livraison des sites de relogement. En effet, deux sites sont en voie d’aménagement pour accueillir quelque 2 000 colporteurs “genuine” oeuvrant la capitale. Ils se trouvent respectivement à la Gare Victoria (anciens locaux de la Central Water Authority) et la Gare du Nord (Immigration Square). Depuis le 15 décembre, ces derniers opéraient sans problème malgré l’interdiction de la Cour suprême et les protestations des maraîchers et commerçants de la capitale. La présence de colporteurs saisonniers a aggravé la situation. D’ailleurs, les commerçants et maraîchers disent enregistrer un déficit de 50 % de leur chiffre d’affaires habituel. La Market Traders Association (MTA) envisage de ce fait de réclamer des dommages de plus de Rs 50 M à la mairie de Port-Louis et la police, qui sont accusées de n’avoir pas fait respecter cet ordre de la Cour suprême. Issop Soobedur, président de la MTA, déplore la présence de colporteurs principalement à l’entrée du Marché central. Revenant sur son chiffre d’affaires, il indique avoir effectué de meilleures ventes pour les deux premiers jours de l’an contrairement au 31 décembre alors que « normalement, c’est l’inverse ». « Sak lane, bazar ranpli le 31. Dimounn profite aste zot legim me sa lane-la pa ti ena dimounn dan bazar. Bann klian finn vini le 1er ek le 2 kan ti nepli ena marsan lor sime », explique-t-il. Pour lui, la politique de deux poids deux mesures est la cause de la prolifération des colporteurs dans la capitale. « Kouma ou explik sa, ki bann marsan lari Farquhar pe gagn pouse alor ki bann seki pe travay lor la Gar le Nor napa pe gagn problem ? Ena de Comiser Polis dan Moris ? Enn pou Por Lwi Sud ek lot pou Por Lwi Nor ? », s’interroge notre interlocuteur.
Hyder Raman, président de la Street Vendors Association (SVA), qui regroupe plus de 2 000 colporteurs de la capitale, observe pour sa part que « les vrais marchands toujours lésés ! » « Après le départ des marchands ambulants saisonniers, la police est revenue en force pour interdire la présence des colporteurs autour du Marché central. Cette situation qui est causée par un système mal organisé a pour unique victime les colporteurs. Les colporteurs saisonniers sont partis et il ne reste que nous. Maintenant nous sommes rappelés à l’ordre alors que les politiciens nous ont promis que notre dossier serait la priorité des priorités », explique-t-il. C’est pourquoi les colporteurs ont réclamé une table ronde avec les membres du conseil afin de leur exposer la situation. « Il est temps de revoir le dossier des colporteurs à la racine », affirme M. Raman, en attendant le tirage au sort prévu incessamment au Mauritius Turf Club pour l’allocation des étals aux marchands.