L’exercice de signatures de contrats pour les marchands ambulants, en vue de les reloger avant le 16 novembre, a été lancé hier. Sur les 1 700 personnes identifiées, seules 250 se sont présentées. Le Front Commun des marchands ambulants a en effet demandé à ses membres de boycotter l’exercice en guise de protestation.
« Nous ne pouvons nous prononcer à ce stade », a expliqué le Lord-Maire Aslam Hossenally à propos de l’exercice de signatures de contrats, qui se tient depuis hier à la municipalité de Port-Louis (MPL). Tout en restant évasif sur le nombre de personnes ayant déjà signé leur contrat pour opérer sur les sites identifiés, ce dernier a indiqué que de ceux qui s’étaient rendu à la MPL, « nombreux n’étaient pas en possession de tous leurs documents ». Et de concèder que la MPL agirait « avec souplesse » sur ce dossier. « Nous comprenons que certains n’aient pas leurs documents. Raison pour laquelle nous leur demandons de revenir plus tard. Mais il est probable que l’exercice prenne plus de temps que prévu », soutient le Lord-Maire.
Quelque 1 700 colporteurs ont été retenus par les exercises d’Expression of Interest, lancés par le conseil municipal actuel ainsi que le précedent. Les marchands opéreront sur les sites de Decaen (Gare Victoria) et de l’Immigration (Gare du Nord). Les marchands ambulants, membres du Front Commun des marchands ambulants (FCMA), refusent toutefois d’y travailler dans les conditions imposées par la MPL. Le FCMA – dont 50% des marchands identifiés par le projet sont membres – demande donc de boycoter l’opération lancée par la MPL. A noter que, selon le Lord-Maire, le nombre de signataires pourrait influencer la mise en application du projet de relogement.
Aslam Hossenally est d’ailleurs revenu sur la conférence de presse tenue par le leader de l’opposition, Paul Bérenger, hier à ce sujet. « Nous attendons le décaissement de Rs 75 M pour achever les travaux et installer les structures nécessaires sur les deux sites », dit-il. Insistant sur son ambition de « nettoyer la capitale avant les fêtes de fin d’année », le Lord-Maire fait machine arrière sur ses propositions, notamment celles de permettre aux marchands ambulants de travailler sur les sites de relogement avec leurs propres structures en attendant le décaissement de la somme nécessaire pour les light structures. « Nous faisons de notre mieux pour trouver une solution à cette situation. Mais nous ne pouvons le faire sans les fonds nécessaires. Ces personnes méritent de travailler dans les meilleures conditions », laisse-t-il entendre. Tout porte donc à croire que la date du 16 novembre ne pourra être respectée.
La plateforme des marchands ambulants pointe du doigt le fait que « des genuine hawkers ne figurent pas sur la liste de la MPL ». Après une rencontre avec le ministre des Administrations régionales Hervé Aimée il y a deux semaines, les membres du FCMA ont été invités cet après-midi pour une rencontre avec le Lord-Maire. Amit Neeamuth, un des représentants du FCMA, soutient que les colporteurs ne feront pas marche arrière au sujet de leurs revendications. Les commerçants, eux, souhaitent d’être relogés avant les fêtes de fin d’année.