Le président du Conseil international des Jeux des îles (Cij) et du Comité olympique mauricien (COM), Philippe Hao Thyn Voon, est revenu, hier au siège du COM, sur les incidents qui ont marqué à jamais le bon déroulement de l’événement sportif régional.
« Ces Jeux se sont déroulés sur un volcan », a martelé Philippe Hao Thyn Voon. Il a donné sa version des faits quant à la chronologie des événements pour dire « comment le COM et le Cij se sont appliqués pour maintenir ces Jeux jusqu’à la fin ».
Commençant par l’éclatement du conflit Comores/Mayotte lors du défilé d’ouverture et le retrait subséquent des Comores de la cérémonie, il a parlé de l’incident lié au drapeau malgache qui fut arraché des mains d’une athlète de la Grande île par un membre du Comité d’organisation des JIOI (Coji) à l’heure de la cérémonie protocolaire de remise des médailles, la menace de retrait des Jeux brandie par l’État malgache à deux jours de la clôture, la candidature des Comores pour accueillir les Jeux de 2019 et le cas de la volleyeuse Myriam Kloster de l’équipe de La Réunion.
Il a indiqué que dès que les Jeux ont été lancés, « le Cij s’est réuni pratiquement tous les jours et a toujours été sur la brêche, paré à faire face à tous les problèmes qui pouvaient surgir ». Mais toujours est-il que ces nombreuses réunions n’ont pas suffi au Cij pour éviter le pire : le retrait des Comores.
« Nous avons usé de diplomatie dès le début pour qu’aucun pays ne se retire. J’ai demandé aux Comores de ne pas créer de problème durant le défilé suite à la décision du Coji de faire défiler Mayotte en ouverture sous l’appellation France Océan-Indien devant la délégation de La Réunion sous le drapeau français porté par un Réunionnais. L’ordre dans lequel ce défilé allait avoir lieu constituait une entorse à la Charte des Jeux vu que Mayotte devait se présenter sous le drapeau du Cij. Mais quand j’ai parlé de cela à Jean-François Beaulieu, président du Comité régional olympique et sportif de La Réunion (Cros), il m’a rétorqué qu’il agissait sur les instructions données par la France, qui exige que Mayotte défile sous le drapeau français. De plus, c’est la Marseillaise qu’on allait joué en cas de médaille d’or pour Mayotte. Le Cij n’était pas d’accord. Et quand les Comores ont quitté la cérémonie d’ouverture, le ministre français de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, m’a fait part que c’était un manque de respect envers la France et que c’était un sérieux problème de diplomatie. Le jour suivant, les Comores annonçaient leur retrait, provoquant un chamboulement au Coji », relate le président du Cij.