Tenue hier en fin d’après-midi à Port-Louis, l’assemblée générale annuelle du Comité olympique mauricien (COM) a été dominée par un débat autour de la Sports Act. Après des discussions longues de deux heures, un consensus s’est dégagé pour l’élaboration d’une nouvelle loi qui sera en conformité avec les lois internes des fédérations internationales et le Comité international olympique (CIO).
Un comité dirigé par Philippe Hao Thyn Voon et Vivian Gungaram, respectivement président et secrétaire général du COM et qui comprendra les dirigeants de quelques fédérations (Dominique Marisson, Vimal Basanta Lala, Richard Papie, Martial Natchoo et Parsad Balkissoon) a été institué et sollicitera une rencontre avec Devanand Ritoo, ministre de la Jeunesse et des Sports. Auparavant, une première réunion de travail entre les membres de ce comité est prévue au siège du COM. Cette démarche fait ainsi suite au flou quant aux amendements que compte apporter le MJS à la Sports Act.
Devant une vingtaine de membres présents, Philippe Hao Thyn Voon a exprimé son incompréhension devant une telle situation. « Nous avons tendu la perche au MJS en demandant une copie des amendements. En vain. On nous a fait comprendre que cela constitue un secret d’État. Nous ne voulons pas que la Sports Act soit une boîte à surprises. Qui a-t-il à cacher ? Veut-on bander les mains des dirigeants des fédérations ? » s’est-il demandé.
Il a soutenu qu’il alertera le CIO si les démarches demeurent toujours vaines. « Il faut que Devanand Ritoo comprenne que nous n’avons rien contre lui. Toutefois, il doit être conscient des dangers qui nous guettent. Par exemple, l’Inde et le Ghana ont été suspendus par le CIO. »
Tout en soutenant que le COM doit être considéré comme l’instance suprême du sport à Maurice, le président de cet organisme a fait comprendre qu’il s’agit d’éviter à tout prix des problèmes avec les fédérations internationales. « Le MJS n’est pas au courant des lois des fédérations internationales. De là, les erreurs ont été commises. » Dans ce contexte, il a cité les problèmes survenus récemment au niveau de la Mauritius Football Association et de la Fédération mauricienne de natation.
D’ailleurs, Philippe Hao Thyn Voon a souligné que plusieurs fédérations sont hors la loi, dans le sens où elles fonctionnent avec des dérogations datant de 2005. Il s’attend donc que la nouvelle loi puisse permettre aux fédérations de fonctionner avec plus de sérénité. D’autant que le concept de régionalisation ne peut être appliqué pour toutes les disciplines. Qui plus est, l’ingérence du MJS au sein de certaines disciplines, comme au tennis de table récemment, a été dénoncée.
« Cela est une véritable cacophonie. D’autres fédérations subissent, mais craignent de faire part de leurs griefs », a soutenu Vimal Basanta Lala, secrétaire de la Fédération de tennis de table. « Que le MJS nous considère comme un partenaire, mais pas comme un adversaire ou un ennemi », a renchéri de son côté Martial Natchoo, représentant de la Fédération de cyclisme.
Toujours est-il que Philippe Hao Thyn Voon a maintenu que son organisme soutiendra les fédérations. « Nous sommes là pour vous défendre. Avec vous, je me sentirai fort devant le MJS et je pourrai défendre vos intérêts. » De ce fait, la première réunion entre le comité du COM et le MJS est attendue avec une certaine impatience. « Nous nous attendons à un respect mutuel au niveau des discussions », a d’ailleurs souhaité le président du COM.
Il est toutefois à noter que quelques fédérations n’étaient pas représentées à cette AG, celles de football, de volley-ball, de triathlon et de sport équestre.