Philippe Hao Thyn Voon bénéficiera-t-il du support voulu pour entamer un nouveau mandat aux commandes du Comité olympique mauricien (COM) ? À 71 ans, il veut continuer de mener à bien sa mission et soutient qu’il portera l’étendard de favori en vue de l’assemblée générale élective. Toutefois, il se dit blessé par les attaques portées contre lui et s’élève contre certains agissements du groupe adverse, notamment pour ce qui est du choix des délégués au niveau de trois fédérations.
Nul doute que Philippe Hao Thyn Voon arbore une certaine sérénité à l’approche de cette fonction initialement prévue le 14 mars dernier et qui a défrayé la chronique ces dernières semaines. « Je suis confiant. D’après les sondages, je demeure le favori. Toutefois, ce sera une victoire qui ne sera ni large ni serrée. »
À la question de savoir pourquoi il devra de nouveau mériter la confiance des différents délégués, le concerné répond : « J’ai toujours été un président de proximité et proche des sportifs. Je n’ai pas le droit d’être puni pour tout ce que j’ai fait pour le sport jusqu’ici. »
Reste que ses détracteurs n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère à son encontre et que de graves allégations ont été faites contre lui. « J’ai été traité de corrupteur et je considère cela injuste. Le comble demeure que celui qui a tenu de tels propos à mon encontre est celui qui est venu vers moi pour me demander de l’aide pour sa fédération et sa fille. Une aide que je n’ai pas refusée. »
Le fait que le COM se soit retrouvé en Cour suprême, suite à la contestation émise contre cinq nouvelles disciplines et la présence de deux dirigeants de fédération à l’AG élective, demeure pour Philippe Hao Thyn Voon une pilule difficile à avaler.
Sur ce sujet, le président du COM se réfère à sa rencontre avec Mustapha Berraf, vice-président de l’Association des comités nationaux olympiques africains (Acnoa) hier après-midi. « Il trouve cela scandaleux et incroyable. Si ces fédérations, dûment enregistrées auprès de leurs fédérations internationales respectives, ne sont finalement pas éligibles lors des élections, M. Berraf soutient que ce sera un scandale. Quant à moi, je considère aberrant le fait que cette affaire a été portée en Cour suprême. » Dans un autre ordre d’idées, Philippe Hao Thyn Voon n’arrive pas à comprendre l’absence sur le terrain de son adversaire désigné, Jean-Michel Giraud. « Il est resté caché derrière le rideau, tout en faisant ses lieutenants déblayer le terrain. Ce sera lui qui aura ensuite tous les honneurs en cas de victoire. »
Dans la foulée, il s’élève également contre la présence de certains délégués à la fonction de demain, notamment ceux du golf, du cyclisme et de la voile. « Dans un premier temps, ces délégués n’étaient pas pressentis. Ceux qui avaient été choisis au préalable ont subi des pressions et ont dû se retirer. Tout cela est bien triste pour le sport. »
Dans cette course à la présidence du COM, tous les coups ont été sans doute permis. Dans l’éventualité d’un nouveau mandat, Philippe Hao Thyn Voon pourra-t-il redorer le blason d’un organisme sérieusement terni ces derniers mois ?