Le ministre des Finances est conscient de la nécessité d’avoir un mécanisme pour mesurer l’efficacité des mesures adoptées par le gouvernement dans le combat contre la pauvreté et a mentionné hier la mise sur place d’un Social Register of Mauritius (SRM) comme il en existe, selon lui, dans d’autres pays.
Le ministre des Finances affirme que le gouvernement ne lésine pas sur les moyens quand il s’agit de venir en aide aux démunis. Toutefois, dit-il, la mise en pratique de certains programmes pèsera lourd dans les finances du pays comme par exemple les projets de logements sociaux et la création des crèches destinés aux familles pauvres. Il ajoute qu’il est impératif que ces divers programmes soient correctement gérés et supervisés pour donner les résultats attendus. Xavier-Luc Duval est convaincu que ce Social Register of Mauritius préconisé dans le budget, « will be a powerful tool to maximise policy effectiveness in the fight against poverty ».
En ce qu’il s’agit des services de crèches à la disposition des groupes des plus vulnérables, le budget fait mention d’une aide mensuelle de Rs 1 500 pour un enfant n’ayant pas plus de quatre ans. Selon le ministre, cette mesure permettra à 2 000 enfants à Maurice et à Rodrigues d’être pris en charge dans des crèches. En outre, les entreprises pourront dorénavant puiser de leur fonds CSR pour mettre à la disposition de leurs employés, ne percevant des salaires de plus de Rs 12 000, des facilités pour les crèches et garderies. Le ministre a aussi annoncé les possibilités, dans un avenir très proche, de child minding services qui seront disponibles dans les écoles préscolaires et primaires gouvernementales après les heures de classe. Xavier-Luc Duval a indiqué que les parents intéressés pourront bénéficier de ce service moyennant le paiement d’un reasonable fee, mais il n’en a pas donné le montant.
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Lindsay Aza (ELAN) : « Le bracelet électronique, une bonne initiative ! »
Je suis content d’apprendre, en ce qui concerne la réhabilitation et la réinsertion des détenus dans la société, que le budget augmente et que la Bail Act sera amendée, et les bracelets électroniques introduits. Cela contribuera certainement à diminuer le nombre de détenus qui se trouvent en “remand”. Introduire les bracelets électroniques permettra de décongestionner nos prisons.
Sur le plan humain, les détenus seront chez eux, entourés de leurs proches et familles. C’est important psychologiquement.
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Patricia Adèle-Félicité (Caritas et Collectif des ONG): « Inquiète pour l’avenir des ONG »
Le budget 2012 comporte plusieurs mesures intéressantes sur le plan social. Cependant, je souhaite que les procédures pour avoir accès à ces services ne souffrent pas de lenteur administrative. Étendre les logements sociaux aux familles touchant moins de Rs 10 000 au lieu de Rs 5 000 était une décision très attendue.
J’accueille la démarche d’étendre le grant pour l’éducation préscolaire aux enfants de trois ans. Je regrette toutefois que la somme, soit Rs 200, n’ait pas été revue. Concernant les formations annoncées pour les personnes avec des low skills, j’espère qu’elles refléteront leur réalité et seront adaptées à leur niveau. J’accueille aussi favorablement la mesure d’étendre l’aide légale aux personnes touchant moins de Rs 10 000. Nous accompagnons les familles et nous savons à quel point il est difficile de bénéficier de cette aide lorsqu’il y a un problème. Cette mesure soulagera beaucoup de personnes en difficulté.
Concernant la Corporate Social Responsibility, j’espère que les changements apportés aux règlements profitent plus à la société civile qu’aux entreprises. Par ailleurs, je suis inquiète concernant le financement des ONG. Je constate que désormais les entreprises peuvent puiser de leurs fonds CSR pour employer des athlètes de haut niveau ou payer les crèches pour les enfants de leurs employés… Je me demande ce qui restera pour les ONG, qui sont supposés complémentaires aux services non offerts par le gouvernement.
De même, je m’interroge sur l’utilité d’un deuxième abri de nuit pour les sans-abri à la route Abattoir, alors que Caritas a déjà un centre semblable dans la région. Est-ce que cela veut dire que nous allons devoir fermer notre abri de nuit ?
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Jonathan Ravat (Département d’études sociales, ICJM) : « Une volonté de continuer dans le social »
J’accueille favorablement ce budget. Je trouve qu’il y a une volonté de continuer dans le domaine social, dans la lutte contre la pauvreté et contre l’extrême pauvreté. Domaine que Xavier-Luc Duval a présenté comme une des quatre priorités gouvernementales.
Je me réjouis de cette préoccupation affichée de la part de l’État pour rejoindre les plus vulnérables, notamment à travers la démocratisation de l’accès à l’éducation préprimaire en allouant des grants pour les enfants de trois ans, des shelters pour SDF, le logement social (accès à la terre et création de nouvelles unités de logement, etc.). Le ministre des Finances a aussi parlé de l’entrepreneuriat en favorisant les Petites et moyennes entreprises, avec une baisse sur certains articles qu’elles utilisent.
Le budget est avant tout un discours, mais qui nécessite des débats et un suivi. Xavier-Luc Duval a par ailleurs annoncé un mécanisme pour “monitor” les orientations du budget et un time table pour mettre en place ces résolutions, ce qui est une très bonne chose.
Je trouve que nous avons eu devant nous un homme mûri ; son passage au ministère de l’Intégration sociale a été transformateur. Il y a aussi d’autres défis comme le combat contre la drogue. Mais nous n’avons rien entendu sur un quelconque salaire minimal pour les Mauriciens. Cela aurait été un des autres grands moyens pour lutter contre la pauvreté.
Concernant le logement social, il a parlé d’un comprehensive social contract. C’est très bien, mais il faut travailler sur ce contrat avec les organisations non gouvernementales, autrement il peut y avoir dérive. La création de six shelters est fort louable quand on sait que ceux qui existent sont débordés.
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Michael Atchia (Ancien haut cadre des Nations Unies): « Imaginatif et créatif »
Bravo à Xavier-Luc Duval pour un budget imaginatif et créatif : allant des syndics pour les résidences NHDC et de nouveaux logements sociaux, à l’enrichissement de nos lagons, des ambassadeurs itinérants pour l’Afrique et l’océan Indien, aux mesures pour la propreté et l’embellissement de l’environnement, des mesures pour encourager la production et l’exportation à la création d’une section pour suivre la mise en oeuvre efficace de ce Budget.
Enfin la mesure tant attendue du “gasohol” (fuel fait de mélange d’alcool et d’essence) où nous avons 10 ans de retard ! Et que nous espérons sera mise en pratique rapidement et à grande échelle, comme au Brésil.
L’État est le premier responsable de l’accomplissement du droit à l’éducation. Chaque roupie dépensée dans l’éducation et la formation est un investissement pour l’avenir. La formation des jeunes à l’emploi avec la collaboration des employeurs est une mesure valable, mais une mesure de rattrapage, car le système éducatif lui-même reste encore trop théorique et académique. La subvention à la maternelle pour les enfants de 3 ans, comme l’extension de la filière prevoc de 3 à 4 ans, soit jusqu’à 16 ans, et des summer schools d’apprendre autrement, constituent des mesures positives.
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Osman Mahomed (Président exécutif du comité MID) : « Intéressant pour l’énergie et le compostage »
Le budget est intéressant pour le projet Maurice Ile Durable, surtout en ce qui concerne l’énergie et le compostage. On le fait déjà pour 90 000 tonnes de déchets, là on passera à 190 000. C’est très bien en attendant la mise en place du plan d’action.