Le Conservatoire national François Mitterrand monte actuellement, au titre d’« amateur conservatoire production », “The Phantom of the Opera”, cette comédie musicale britannique d’Andrew Lloyd Webber qui continue d’attirer le public à Broadway comme à Londres, au Her Majesty’s Theatre, depuis la fin des années 80’. Cette oeuvre lyrique moderne a même fait l’objet d’une suite du même compositeur, à Londres, sous le titre “Love never dies”… Inspirée d’un roman de Gaston Leroux, elle prend place dans les coulisses et dédales d’un des édifices parisiens les plus impressionnants, l’Opéra Garnier, et se caractérise comme une oeuvre dédiée à la musique, tant par sa forme que par son intrigue. Rendez-vous est donné les 29 et 31 août prochains au J & J auditorium.
Monter The Phantom of the Opera à Maurice paraît pour le moins un ambitieux projet, où notre petit conservatoire de musique vient se mesurer aux productions américaines et britanniques qui cartonnent le plus depuis plusieurs décennies. Aussi l’obtention des droits d’exploitation pour monter cette création mauricienne et, ainsi, la mettre à la portée du public et des artistes de l’île, a exigé une certaine patience de la part des représentants du conservatoire… « Les droits d’exploitation, expliquait Claudie Ricaud, la directrice du conservatoire, mercredi dernier à la presse, ont été assez longs à obtenir car cette comédie musicale se joue toujours à Broadway et à Londres. Finalement, nous avons le droit de monter ce spectacle comme “an amateur conservatoire production”. »
L’ambition consiste ici à permettre à nos artistes, chanteurs solistes et choeurs, d’interpréter en live les quelques morceaux d’anthologie de cette oeuvre qui a marqué le public occidental aussi bien sur les scènes théâtrales qu’au cinéma depuis que Joël Schumacher en a fait un film. Cette histoire, qui mêle intrigue policière et conte fantastique, et qui associe le mythe de la belle et la bête aux prodiges de la musique et du spectacle, a même séduit le monde de la bande dessinée qui en propose aussi une version. Mais quand on a pu produire West Side Story comme l’a fait le conservatoire mauricien en 2011, pourquoi alors ne pas s’offrir cet autre rêve musical ? Le ministère des Arts et de la Culture a promis tout son soutien à ce projet, dont on évalue le coût total à Rs 3 millions.
« Musicalement, j’ai toujours eu envie de le faire, nous confiait Claudie Ricaud mercredi. Elle est moins complexe et souvent plus classique que West side story. C’est une histoire magnifique. En même temps, il y a aussi à l’intérieur la référence à trois opéras en représentation au sein même du spectacle, ce qui fait partie des difficultés du projet et de son intérêt… Cette oeuvre comporte les ingrédients de la réussite avec un peu de vaudeville, de très belles mélodies et une belle histoire, où un personnage au masque hideux vient toucher quelqu’un d’autre, et se transforme par la grâce de l’amour. »