Les chanteurs et musiciens du conservatoire, les danseurs et autres artistes réunis par Claudie Ricaud et Patrick Athow pour Phantom of the Opera répètent à tout va actuellement. Les décors de Bernadette Sanspeur sont déjà en fabrication, et certains costumes sont d’ores et déjà prêts comme le terrible complet rouge du fantôme qui amène la mort sur scène…
Sceptre à multiples têtes de mort, masque de squelette, bijoux et autre bouton doré, le Phantom of the opera mauricien qui a été présenté à la presse cette semaine montre toute l’exubérance et l’excentricité que le styliste Émilien Jubeau s’est fait un plaisir de souligner. Jean-Paul Desveaux le chanteur qui endossera ce costume, jouera et chantera ce personnage ambivalent, ange et démon à la fois, maître de musique qui a la faiblesse d’être fasciné par une artiste au point de commettre l’irréparable ! Il s’amusera intérieurement derrière ses masques de l’effet produit par ses facéties, sa belle voix de basse et ses apparitions bonnes à faire trembler le coeur de Paris.
Les nombreux personnages de cette comédie musicale changent aussi souvent de costume, si bien que la première production a nécessité rien moins que 230 costumes… qui sont ici réalisés par les petites mains mauriciennes. Aux côtés du fantôme, Christina Daaé est apparue dans une robe à frou frou et dentelle vieux rose des plus romantique tandis que son amoureux de Raoul sous les traits de Christophe Montenot avait le costume, le chapeau et les accessoires caractéristiques de la fin du XIXè siècle.
Le palais Garnier ou opéra de Paris lieu de visite autant que de ballets et oeuvres lyriques est symbolisé ici par ses escaliers et un orgue central, dans un décorum classique réalisé par Bernadette Sanspeur. Objet fétiche et accessoire indispensable à la nostalgie du fantôme, une boite à musique d’époque enclenche irrémédiablement les épanchements nostalgiques et regret de l’ange de la musique…
« Nous ne savons plus très bien, explique la directrice du conservatoire, ce qui est vrai et ce qui est faux dans ce spectacle, puisque par exemple, Teresa David dirige les ballets en coulisse, et interprète le personnage de Madame Giry qui tient ce rôle dans la fiction. » Ainsi en est-il également du répétiteur qui l’est autant en coulisse que dans le spectacle. La question se pose alors de savoir si Teresa David va chanter…
La danseuse et chorégraphe nous explique qu’elle y est encouragée mais ne se sent pas prête à prêter sa voix à ce rôle… Elle dira probablement son texte « J’aurais bien sûr aimé m’essayer au bel canto mais ça ne s’improvise pas et je suis danseuse avant tout . Déjà je dois mon concentrer sur ce rôle et le jouer ce qui n’est pas non plus a priori mon métier… » Des répétitions générales devraient bientôt réunir les différentes formations dans un collège du pays, avant que toute cette industrieuse troupe n’investisse la salle du J & J fin août pour des répétitions in situ.