Si le continent africain est considéré comme le dernier rempart de développement dans un environnement économique mondial difficile, la pauvreté et le sous-développement sont parmi les facteurs qui n’attirent pas les investisseurs. La région du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa), qui regroupe une vingtaine de membres d’Afrique, vise à remédier aux problèmes qui existent pour assurer une bonne intégration.
En vue de trouver des solutions aux défis qui se présentent aux problèmes d’intégration dans la région du COMESA et sur son statut, une session de discussions a eu lieu mercredi matin au Lunch Room de l’Assemblée nationale en la présence du secrétaire général du COMESA, Sindiso Ngwenya. « L’Afrique est à la traîne lorsqu’il s’agit de résoudre fermement les problèmes de la pauvreté et de sous-développement. Si nous arrivons à trouver des solutions, d’autres problèmes pourront aussi être résolus », a affirmé Usha Canabady, secrétaire au ministère des Affaires étrangères. Selon elle, l’absence de compétences techniques et de ressources financières adéquates, le manque d’infrastructure et de logistique, ainsi qu’un environnement d’affaires souvent peu propice n’attirent pas les investisseurs à développer la région.
La secrétaire au ministère des Affaires étrangères est d’avis que l’Afrique et la région du COMESA sont riches en ressources naturelles et que des terres arables sont disponibles en abondance. De plus, la population jeune est considérée comme un avantage. Toutefois, Usha Canabady déplore que le manque d’infrastructures adéquates n’attire pas les investisseurs à venir développer ces ressources. Soulignant le manque de liens régionaux qui empêchent la valeur ajoutée dans la région et l’absence des institutions, elle fait ressortir que tous les pays du COMESA ne sont pourvus d’institutions comme c’est le cas pour Maurice. « Les institutions faibles mettent en danger le développement dans le COMESA », ajoute-t-elle.
Pour que la région du COMESA puisse se développer, Usha Canabady croit au développement d’une main-d’oeuvre qualifiée, et particulièrement à la nanotechnologie et l’innovation. Par ailleurs, la secrétaire au ministère des Affaires étrangères a également demandé un renforcement du Regional Multidisciplinary Centre for Excellence et de l’Afritac South, deux organismes de formation, pour assurer l’intégration dans le COMESA.
Pour le secrétaire général du COMESA, Sindiso Ngwenye, qui possède 30 ans d’expérience au sein du COMESA, l’intégration régionale est un sujet complexe. « Cela nécessite un fort engagement politique. Pour que du progrès puisse être accompli, il nous faut les bonnes politiques, et le secteur privé, tout comme d’autres parties prenantes, est appelé à jouer un rôle crucial », a-t-il déclaré. Parlant du changement qui a commencé dans les années 2000 au niveau de l’établissement des institutions du COMESA, Sindiso Ngwenye constate que 35 % des compagnies mauriciennes ont fusionné et ont acquis dans la région du COMESA. Selon lui, les entreprises mauriciennes ont un penchant pour le développement du secteur des TIC, qui enregistre une forte croissance dans cette région comparativement au textile. Les investissements dans le segment textile, soutient-il, ne sont que de 1,3 % depuis les récentes dernières années.