La zone de libre-échange tripartite regroupant les blocs économiques du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) sera lancée officiellement mercredi à Charm El Cheikh, en Égypte, lors de la réunion au sommet des pays membres. Maurice y sera représentée par le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international Étienne Sinatambou.  
La zone de libre-échange, qui s’étend de la Méditerranée jusqu’au Cap de Bonne-Espérance, comprend 26 pays, dont Maurice, soit une population totale d’environ 625 millions d’habitants (57% de la population du continent africain) et un produit intérieur brut (PIB) estimé à USD 1 200 milliards (60% du PIB africain). La décision de créer une telle zone avait été évoquée en 2008, les responsables des instances concernées voulant régler le problème de « overlapping membership » des trois blocs économiques (plusieurs pays comme Maurice se retrouvant dans au moins deux blocs à la fois). Par la suite, lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement des trois organisations tenue en 2011, les négociations formelles en vue de lancement de la zone tripartite furent lancées. Cependant, la date de 2014 fixée pour compléter ce processus n’avait pu être respectée. Il avait alors été convenu lors d’une réunion ministérielle tenue en octobre 2014 à Bujumbura, au Burundi, que le lancement officiel aurait lieu en Égypte en juin 2015, et ce après que la majorité des pays partenaires aient soumis des offres concrètes en termes de libéralisation tarifaire et aient donné leur accord concernant les règles d’origine applicables. ?Maurice appliquera, dans le cas de la zone de libre-échange tripartite, le même régime tarifaire que celui proposé pour ses échanges avec les pays membres du COMESA. Un taux zéro est appliqué pour presque pratiquement toutes les lignes tarifaires frappant le commerce avec le COMESA. « Maurice n’a officiellement aucune nouvelle proposition à faire au plan tarifaire. ce qui n’est pas le cas pour certains pays faisant partie de la zone tripartite », fait ressortir un proche du dossier.
Les spécialistes de la coopération et de l’intégration économique du continent africain sont d’avis que la zone de libre-échange tripartite offre des opportunités aux hommes d’affaires et aux investisseurs de la région pour approfondir davantage leur  coopération tout en attirant l’investissement direct étranger. « The business community, in particular, will benefit from an improved and harmonized trade regime which reduces the cost of doing business as a result of elimination of overlapping trade regimes due to multiple memberships », souligne-t-on dans les milieux du secrétariat du COMESA.
« La création de cette zone de libre-échange a pour but le développement économique et social de l’Afrique de l’Est, la réduction des taux de chômage et de pauvreté et l’amélioration du niveau de vie des populations. Ces buts seront atteints grâce à l’accroissement des échanges commerciaux entre les États membres et des investissements locaux et étrangers, notamment dans le secteur industriel », fait ressortir le ministre égyptien des PME.
Les données officielles concernant l’évolution des échanges entre Maurice et les pays du COMESA, d’une part, et ceux de la SADC, d’autre part, indiquent une progression soutenue ces dernières années. En 2014, la valeur des exportations mauriciennes vers les pays du bloc du COMESA s’est élevée à près de Rs 7 milliards, par rapport à Rs 6,3 milliards en 2013. Nos importations ont coûté Rs 5,1 milliards en 2014, contre Rs 5,4 milliards en 2013, laissant ainsi un solde favorable de l’ordre de Rs 1,9 milliard en 2014 (Rs 848 millions en 2013).
Avec la SADC, la balance commerciale reste défavorable : -Rs 2,6 milliards en 2014 par rapport à -Rs 2,3 milliards en 2013. L’Afrique du Sud et Madagascar sont nos plus gros partenaires de la SADC, avec des échanges se chiffrant à Rs 17 milliards et Rs 6,5 milliards respectivement sur un total de Rs 27,3 milliards.
S’agissant du Sommet de Charm El Cheikh, il faut noter que les travaux préparatoires ont commencé hier avec la rencontre des hauts officiels pour l’examen des documents de lancement de la zone de libre-échange tripartite, la feuille de route pour la mise en application de la zone, le programme indicatif des négociations à venir sur les dossiers encore en suspens, le plan de travail sur le mouvement des hommes d’affaires et le dossier de développement industriel. Notons que le regroupement des blocs économiques du COMESA, de la SADC et de l’EAC est considéré comme une étape très importante dans la création d’une zone de libre-échange au niveau continental en 2017.