Le leader du MMM, Paul Bérenger, devrait revenir en détail sur ses discussions avec le leader du Parti travailliste et sur les points sur lesquels le leader du PTr, Navin Ramgoolam, aurait fait volte-face, provoquant l’arrêt définitif des négociations entre les deux partis.
Paul Bérenger qui, selon notre interlocuteur, est plus que jamais en faveur que le MMM aille seul aux élections, rencontrera la presse demain matin pour revenir en détail sur ses discussions avec le leader du PTr. Une réunion spéciale du comité central est prévue jeudi et sera suivie d’une déclaration de presse. Par ailleurs, le MMM continue à travailler sur l’assemblée des délégués d’information et de mobilisation prévue pour le 15 juin prochain.
S’adressant à la presse samedi après-midi à l’issue de la réunion du comité central du MMM, Paul Bérenger a confirmé avoir obtenu une copie de la dernière version du projet de loi sur la réforme électorale et estime qu’il y a encore des améliorations à apporter à ce texte. Il déplore toutefois qu’on ait perdu beaucoup de temps. Quant aux travaux parlementaires, il a souhaité que le parlement soit rappelé au plus vite soit pour étudier les Transitional provisions soit le texte de loi sur la réforme électorale. Cependant, la fixation de la date de la reprise des travaux relève des prérogatives du Premier ministre, souligne-t-il.
Concernant l’alliance envisagée entre le PTr et le MMM pour les prochaines élections générales, Paul Bérenger a observé qu’elle est « no longer on ». Il s’est réjoui que contrairement avec le MSM « nous ne nous insultons pas ». « Nous avons donné une conférence de presse conjointe, ce qui en soi est extraordinaire ».
Il a fait part de l’idée que ce soit la loi sur la réforme électorale qui soit présentée au parlement et non le mini-amendement. De plus, il a souligné que le Premier ministre compte désormais imposer une discipline de parti pour le vote sur le texte de loi.
« Le MMM et le Parti travailliste disposent des trois-quarts. Maintenant qu’une ou deux personnes qui auraient pu ne pas voter et qui craignaient qu’elles soient mises sur la touche dans le cadre d’une alliance PTr-MMM savent que cette alliance est out, elles pourront voter en toute sérénité. Ce qui veut dire que la réforme électorale pourra obtenir les trois quarts de voted nécessaires. Quelles que soient les circonstances, nous demandons que la loi sur la réforme ou le mini-amendement soit finalisée le plus vite possible », a-t-il dit. Il a insisté sur sa préférence que la loi sur la réforme électorale soit votée et mise en pratique dès cette élection. « Personne n’aura à déclarer sa communauté. Nous irons aux élections seuls chacun de notre côté. La page est définitivement tournée sur le MSM pour ce qui concerne le MMM, Navin Ramgoolam a dit la même chose de son côté ».
Concernant l’alliance, Paul Bérenger était tombé d’accord sur tous les aspects. Il y avait trois conditions qui n’ont jamais été discutées, à savoir que ce soit le programme du MMM visant à faire de Maurice un pays phare. « Navin Ramgoolam a maintenu sa volonté de faire de Maurice un pays modèle en termes d’unité nationale, de démocratie et de lutte contre la corruption ». La deuxième condition porte sur la répartition 30-30 des candidats, qui ne fait pas l’objet de discussion. « La troisième sur un mandat de cinq ans pour Premier ministre selon le système actuel sans aucun changement concernant les pouvoirs actuels ; le président disposera d’un mandat de sept ans avec des pouvoirs additionnels dont la dissolution du parlement et la possibilité de présider le conseil des ministres lorsqu’il le souhaite ».
« L’alliance n’est plus d’actualité parce qu’alors que nous étions tombés d’accord sur tout, Navin Ramgoolam est venu remettre en question quelques points de ces détails d’une alliance entre le MMM et le PTr, sous pression. Nous nous arrêtons là mais nous gardons de bonnes relations », a-t-il dit.
« J’avais toujours peur que Navin Ramgoolam cède à la pression, j’ai eu la réponse après deux heures de discussion », a dit Paul Bérenger, qui insiste qu’il ne regrette rien.
« Nous gardons de bonnes relations et nous irons chacun de notre côté et nous souhaitons que nous réussissions la réforme électorale ».
Le leader de l’opposition affirme avoir évoqué la question de nouvelle carte d’identité avec le Premier ministre. « Je lui ai dit que je dénonce Pravind Jugnauth pour ses delaying tactics dans l’affaire MedPoint. Mais ne voilà-t-il pas que le Parquet utilise toutes les delaying tactics dans l’affaire de ID cards. Nous disons que l’idée de mettre toutes les informations recueillies dans un serveur central est anticonstitutionnelle », affirme-t-il. « J’ai dit à Navin Ramgoolam de laisser la Cour trancher. Si elle considère que c’est constitutionnel je serai le premier à aller chercher ma carte. Mais si cela s’avère anticonstitutionnel il faudra changer la loi », dit Paul Bérenger, qui ajoute que Navin Ramgoolam est d’accord avec ce point de vue. Paul Bérenger a aussi estimé qu’il n’est pas possible que les choses continuent « business as usual » au MITD. Il a estimé que Ramgoolam partage son point de vue. « Je suis très content de sa réaction », dit-il.
Répondant à la presse, Paul Bérenger a insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas d’alliance avec le PTr durant les prochaines élections. Concernant ce qui se passera après les élections, il s’est contenté de dire : « Laissons l’électorat se prononcer ».